A partir de septembre, je passerai une semaine -ou plus- par mois dans la capitale, pour une formation intensive en langue des signes à l’International Visual Theatre. Que voulez-vous, une envie d’ajouter une langue de plus à mon tableau de chasse !
Elle sera certainement plus aisée et plus « utile » que le grec ancien ou l’italien ou le gaélique, les autres langues que j’adorerai apprendre. Après tout, j’ai pas mal d’amis qui signent, ça me sera également utile dans la vie professionnelle, et tout. Alors que le grec ancien, allez trouver des gens qui l’écrivent et le parlent… Je ne suis pas comme Mrs Woolf, à entendre des oiseaux chanter en grec ancien. Et l’italien, là ça pourrait être utile, surtout là où j’habite actuellement, mais je n’ai que peu de notions de cette langue, ça serait donc assez long. Quant au gaélique!… C’est beau à lire, c’est beau à voir, mais… c’est plus un rêve qu’autre chose! à quoi cela me servirait-il?
Mais passons. Je suis en train de choisir mes dates de formation en ce moment pour commencer dès septembre. Et surtout, je me fais des listes de choses à voir : des jardins cachés, des boutiques au style ancien, des passages couverts, des salons de thé (Rose Bakery, me voilà!) et j’en passe. Je suis également en train d’espérer participer -enfin- à un des tricothés géants organisés par Knit Spirit une fois par mois, ou pourquoi pas aux apéro-tricots du CFT à la Gare aux Gorilles ou ailleurs. Ce sera un réel plaisir d’aller enfin tricotiner avec d’autres psychopathes de la laine!
Je sais que beaucoup d’entre vous sont parisien(ne)s et j’espère que je vous verrai pendant cette année de formation… Ca vous dit?
Ca fait déjà quelques semaines que je ne dis plus grand chose ici. Et ce n’est pourtant pas faute de choses à dire, ce serait même plutôt le contraire: mon été est si rempli que je n’ai guère le temps de me poser et de vous en conter quelques bouts.
C’est que je suis en stage depuis un mois déjà, loin du Sud, dans un superbe lieu riche en activités et en propositions culturelles. Mes journées sont donc assez longues, mais jamais ennuyeuses. Cependant, ce lieu est en plein campagne et je n’ai pas toujours accès à Internet. En outre, un mémoire réclame mon attention plus que jamais: je dois le rendre dans la première quinzaine d’août, ma tutrice partant en vacances à la fin dudit mois. D’où une certaine urgence ; tenir les blougs n’est donc pas ma priorité en ce moment.
De toute façon, qui veut vraiment rester l’été devant un écran à sauter de blog en blog? Beaucoup de blogueurs et beaucoup de lecteurs sortent, partent, bref profitent de l’été. Et ils ont bien raison. La vie, ce n’est pas cet écran sur lequel s’inscrivent les mots et les images d’autrui.
N’ayez crainte, je reviendrai dans quelques semaines, une fois le mémoire et le stage terminés. Dès lors, une année sabbatique sera devant moi, emplie d’activités, certes, mais à mon rythme pour une fois. Là, je serai plus présente avec des articles un peu plus fignolés, moins torchés!

En attendant ces temps prochains, ce bouquet de pivoines s’épanouira ici tout le mois d’août. Profitez bien des beaux jours tant qu’ils sont là! Et à très vite!…
J’ai eu ma période jeux vidéos il y a quelques années (plus trop maintenant, allez savoir pourquoi… Ptêt parce que les aiguilles et le joystick ça va pas trop ensemble?) et il me semble que je me débrouillais pas trop mal: Outpost, Démineur, Mario Bros, Unreal Tournament (si, si), Myst, presque tout me plaisait.
Aujourd’hui, je ne touche guère plus à ces jeux, mais il m’arrive d’y songer encore avec la larme à l’oeil, le coeur qui se gonfle et l’adrénaline qui monte… Les sports et les aventures héroïques tout en étant vautré dans le canapé, ça me va toujours!
Vous comprendrez donc qu’en lisant la phrase « les filles sont nulles aux jeux vidéos », un vent de rébellion s’est soulevé en moi! Fureur, folie, féminisme exacerbé, tout revenait au galop, le joystick au poing et la nintendo sous le bras.
Voici l’objet de l’outrage:
Après visionnage, je vous rassure, j’ai essayé la bave aux lèvres, rangé la massue et le joystick (poussiéreux) et applaudi Stéphanie Mercier qui a fait ce joli bijou! Elle aussi est sensible à l’injustice qui nous est faite et révèle la réalité. Et quelle réalité!…
Maintenant les mecs vous pouvez plus dire impunément que les filles sont des nullardes, mettez-vous à notre place avant… Tsk!
Bon, je vous laisse, y a mes lapins crétins qui me réclament, faut juste que je retrouve le nunchuck et je vais faire de la course de gnou avec eux. Bwaaaaaah!!
Court instant de poésie… Comme ça, sans raison.
En faut-il vraiment une?
Le nuage dit à l’indien
« Tire sur moi tes flèches,
je ne sentirai rien. »« C’est vrai, rien ne t’ébrèche,
Répond le sauvage,
mais vois mes tatouages !
Rien de pareil sur les nuages. »
Les mots qui chantent, une fluctuation de la parole et de la pensée superbement rendue: c’est ce que je ressens à chaque fois que je termine un roman de Woolf, à tel point que vous devez trouver que je radote un peu ici! Mais comment dire autrement ce qui me séduit chez elle?
Mais je serais plus brève aujourd’hui, pas simplement par crainte de répétition, mais aussi parce que le roman dont je viens vous parler, je vous en ai déjà parlé auparavant. Mrs Dalloway, vous vous souvenez? Je viens d’en terminer la lecture, cette fois en VO.
Me paraît pourtant bien résumer la morale (si morale il y a)
Qui se cache dans les pages de Mrs Dalloway
Et c’est amusant les petites différences que l’on perçoit lors du passage d’une langue à l’autre. On se demande presque si telle ou telle façon de dire est typique du caractère dudit pays. Je m’explique, vous emballez pas tout de suite! Je me souviens que Mrs Dalloway en français, pourtant admirablement traduit, m’avait paru un peu monocorde, tout allant au même rythme, pas un moment plus rapide que l’autre. Je ressentais une certaine lenteur, un peu pesante parfois (selon l’humour du jour) mais surtout très sereine, en parfaite application du carpe diem.
Tandis qu’en anglais!… Le rythme change complètement, il y a certes des moments de lenteur un peu oisive, de temps suspendu, mais je me suis prise à redécouvrir d’autres moments plus effrénés ou chorégraphiés. Pour reprendre une des métaphores préférées de Virginia Woolf, cette lecture en VO était semblable à de l’eau, ne fluctuant jamais de la même manière, créant de légères vagues à certains endroits et s’enfuyant plus loin dans un creux de la roche. En comparaison, la lecture française ressemblait plus à l’eau qui s’échappe du robinet, un peu trop égale…
Je sais bien que certains d’entre nous ici sont anglo-déficients (huhu) et qu’en ce cas-là la lecture française a déjà des kyrielles de choses à révéler et à savourer, mais si vous le pouvez, lisez absolument la version originale! Tant de choses se perdent dans le filtre d’une autre langue…
Ca vous paraît dur? Rappelez-vous que qui ne tente rien n’a rien! Des joyaux vous seront dévoilés si vous faites cet effort. En attendant, un beau petit passage pour vous ouvrir l’appétit (j’espère!):
Was everybody dining out then? Doors were being opened here by a footman to let issue a high-stepping old dame, in buckled shoes, with three purple ostrich feathers in her hair. Doors were being opened for ladies wrapped like mummies in shawls with bright flowers on them, ladies with bare heads. And in respectable quarters with stucco pillars through small front gardens, lightly swathed, with combs in their hair (having run up to see the children), women came; men waited for them, with their coats blowing open, and the motor started. Everybody was going out. What with these doors being opened, and the descent and the start, it seemed as if the whole of London were embarking in little boats moored to the bank, tossing on the waters, as if the whole place were floating off in carnival. And Whitehall was skated over, silver beaten as it was, skated over by spiders, and there was a sense of midges round the arc lamps; it was so hot that people stood about talking. And here in Westminster was a retired Judge, presumably, sitting four square at his house door dressed all in white. An Anglo-Indian presumably.
And here a shindy of brawlin women, drunken women; here only a policeman and looming houses, high houses, domed houses, churches, parliaments, and the hoot of a steamer on the river, a hollow misty cry. But it was her street, this, Clarissa’s; cabs were rushing round the corner, like water round the piers of a bridge, drawn together, it seemed to him because they bore people going to her party, Clarissa’s party.
Première publication en 1925.












