Ca fait déjà un moment que j’ai lu le Portrait écrit par Pierre Assouline, alléchée par les louanges qui fusaient de toutes parts à son sujet. Mais je reste encore un peu perplexe sur ce roman-là, ne sachant trop quoi en penser: me joindre aux louanges? non, vraiment ; le descendre en flammes? non plus.

Le Portrait part d’une idée originale: il imagine qu’après sa mort, l’âme de Betty de Rothschild intègre le portrait qui fut fait d’elle par Ingres et qu’elle « vit » indéfiniment dans la toile. On lit donc les méditations du portrait de Betty de Rothschild, depuis la mort de son sujet à nos jours en passant par la Seconde Guerre Mondiale. Il y a du Harry Potter dans ce concept-là, non?
Pour ce projet fort ambitieux, Pierre Assouline s’est bien démené: beaucoup de documentation, une belle plume avec quelques coups d’éclat. C’est une lecture agréable et qui ne s’éloigne pas trop de ce que fut l’histoire du tableau et de la famille Rothschild. Mais… Mais… le Portrait ne m’a pas semblé inoubliable. Il faut bien plus qu’un beau style pour accrocher, et ça, ça manque cruellement. Du coup, je me suis parfois ennuyée à le lire. D’ailleurs, je ne me rappelle déjà plus de la fin, deux semaines après lecture!
Si je devais résumer mon impression de ce livre, je dirais qu’il a le même défaut, à mes yeux, que la plupart des tableaux d’Ingres (dont justement le Portrait de Betty de Rothschild): il est bien exécuté, très détaillé, mais trop lisse, trop régulier. De ce fait, il attire par sa splendeur, sa richesse, son éducation, mais ne marque pas émotionnellement comme le ferait un tableau de Toulouse-Lautrec ou de Manet. Toutefois, il y a quelques zones d’ombres qui intriguent et éveillent l’intérêt. Heureusement, car sinon j’aurai laissé tomber ce livre depuis longtemps! Il est par trop élogieux, trop respectueux des membres de la famille Rothschild, pas de remontrances, toujours des phrases du style « la famille est soudée, la famille se soutient, la famille est parfaite, les autres se moquent de nous et nous, on reste dignes ». Faut dire aussi qu’Assouline s’est beaucoup documenté et tout particulièrement auprès de ladite famille et dans ses archives… Pas de neutralité du coup, et ça se ressent.
Ajoutons à cela une absence de caractère de la part de l’héroïne… Bien sûr, elle pleure, bien sûr elle est vexée, mais elle ne le montre jamais. Elle le dit, mais toujours d’un ton égal. Je n’arrivais donc pas à me sentir proche d’elle et de son histoire. Comme je disais plus haut: trop lisse.
On m’a dit que l’auteur est spécialisé dans les romans biographiques des grandes familles, de la mondanité et qu’en général c’est bien ficelé. Pour ma part, j’ai trouvé que ça manquait d’émotion pour un roman… Pas sûr que je lise un autre de ses livres. D’ailleurs, j’ai pour le moment pas très envie de vous en offrir un extrait… Peut-être changerai-je d’avis à mon retour, début septembre.
C’était:
Publié pour la première fois en 2007.










Quelques trilles ?