Mercredi 27 mai 2009

Le mercredi 27 mai, l’accusée est sortie de l’appartement, a fermé avec les clés matrioschka, puis elle est descendue. Sortie de l’immeuble, elle a traversé le parking, la petite rue attenante puis traversé la route après avoir regardé à droite et à gauche. Elle a ensuite cheminé jusqu’au centre-ville où elle a vaqué à ses occupations : un passage à la gare (peut-être pour fuir, une fois le méfait commis ?), un tour à Phild*r (peut-être pour tricoter une arme ?) et enfin la visite fatidique à la librairie. L’accusée prétend que l’acte n’était pas prémédité, mais ce sera à la défense de le prouver. Toujours est-il qu’après avoir étudié les titres sur les critiques littéraires (l’accusée mentionne Alberto Manguel… Un de ses comparses ?) et les séries policières, elle est montée au rayon bandes dessinées et mangas. C’est là qu’elle a perpétré son crime, redescendant aussitôt l’objet en main. L’accusée a payé par carte bleue avant de quitter les lieux. Elle est alors rentrée chez elle et s’est installée dans un des fauteuils dont vous avez la photographie dans les pièces à conviction. C’est là que la police l’a prise sur le fait…

Bien évidemment, les employés de la librairie auraient pu l’interpeller ou l’empêcher de prendre possession d’un tel objet. Mais, comme les Fournisseurs d’Accès Internet ne sont pas responsables du contenu des sites qu’ils hébergent, les librairies ne sont pas responsable des choix de leurs clients. La faute est donc celle de l’accusée exclusivement.

L’objet du crime

Comme vous le voyez, Billy Brouillard: Le don de trouble-vue est une bande-dessinée pour enfants. Du moins, en apparence. La forme semble pour le moins innocente, même si la couverture a des apparences de grimoire ancien. Mais le fond!… Là est le crime !

C’est l’histoire de Billy, un petit garçon myope vivant à la campagne avec ses parents et sa petite soeur Jeanne. On le voit vivre, jouer, pleurer la mort de son chat, parler du Père-Noël… Rien de plus normal, croyez-vous ? Non ! Le petit Billy, sans ses lunettes, voit d’horribles choses: créatures fantastiques gluantes et grouillantes, fantômes et enfants assassinés… Et pire que tout, ça ne lui fait pas peur, au contraire! Seule la mort de son chat Tarzan le fait se méfier de la Mort et s’interroger sur elle. Il nous présente divers monstres, nous chante l’histoire de fillettes mortes, nous indique comment se faire ressusciter, tout en continuant sa quête de la vérité. Le tout est mâtiné de macabre, de morbide et de dégoûtant.

Si l’on se penche sur le contenu, il n’y a pas seulement des vignettes, mais aussi des poèmes et des extraits de journaux ou d’encyclopédie. Cette construction est en elle-même assez curieuse et rend le récit indéfinissable. Elle alterne en effet les segments qui racontent cette histoire avec les autres « documents » susmentionnés, tout en gardant une apparence précieuse:cases presque traditionnelles, illustrations, ombres chinoises, pages de gazette, articles pseudo-scientifiques. Mais la pire de toutes les infamies, c’est bien celle-là: comment retrouver un passage précis dans ce livre où toutes les pages sont la numéro 13?

Non, vraiment! Ce n’est pas un ouvrage à laisser dans toutes les mains! Guillaume Bianco, on ne vous remercie pas pour ce livre destiné depuis le début à l’autodafé. Billy Brouillard fait passer de trop bons moments à ses lecteurs, enfants comme adultes. Billy Brouillard est coupable de flirt entre le macabre et l’imagination enfantine. Billy Brouillard est un joyau que nul autre que les grands de ce monde ne devraient avoir le droit de voir.

Lundi 4 mai 2009

Maintenant qu’on a bien fêté le 100ème article, on peut revenir au Big Challenge of the Year avec une adaptation littéraire des romans de Sainte Jane: the Jane Austen Book Club.

L’histoire a lieu en Californie et met en scène non pas des blondes peroxydées en string mais des femmes (et un n’homme !) tout ce qu’il y a de plus normal avec leurs passions, leurs souvenirs et leurs névroses. Ils sont six, comme les romans de Jane Austen, six donc à se réunir dans un petit club de lecture pour parler desdits romans et, dans la foulée, être la « réincarnation » d’une des héroïnes de Jane. Il y a la marieuse, la naïve, la timide, la sentimentale et j’en passe. Comme le dit Plaisirs à cultiver dans sa critique de l’adaptation cinématographique de notre bouquin du jour:

Six romans de Jane Austen, six personnages, chacun devra présenter une oeuvre aux autres. Chacun choisit le roman qui lui correspond le mieux. Par exemple, Jocelyn choisit “Emma” car elle aussi est une entremetteuse. Elle avait présenté à Sylvia son futur mari et elle invite Grigg en espérant qu’il plaise à son amie. Sylvia choisit “Mansfield Park” où Fanny est une bonne épouse, fidèle et patiente. Quant à Bernadette, elle présente “Orgueil et préjugés” où il est beaucoup question de mariage car elle-même a eu de nombreux maris.

Mais Jocelyn, Sylvia, Allegra, Bernadette, Prudie et Grigg ne vivent pas que dans les romans (et heureusement !) ; ils ont aussi une vie ancrée dans le présent, entre divorces, élevage de chiens, enseignement au lycée, etc.

C’est un roman assez sympa à lire, mais pas inoubliable. Plutôt comme un Katherine Pancol, quoi: on passe un bon moment à le lire, on rigole un bon coup, mais ce n’est pas de la grande littérature qui vous tient au corps et qui hante vos pensées.
Pour moi, les deux choses qui en font un livre agréable sont, d’une part, le fait que chaque chapitre parle d’un personnage en même temps que d’un roman: cela donnait de la profondeur et au roman et au personnage ; et d’autre part, ce que j’ai le plus apprécié dans ce bouquin, c’est tout de même moins l’histoire et les personnages que les clins d’oeil aux Janéites… Des phrases tirées de ses romans à elle, Jane notre Sainte Mère à tou(te)s, émaillaient le récit.

Mon personnage préféré, c’était le mec, Grigg, fan de science-fiction et un peu naïf comme Catherine Morland de Northanger Abbey. On parle de lui d’ailleurs dans l’extrait du jour:

C’était la troisième histoire que nous n’avons pas entendue. Grigg ne nous l’a pas racontée parce que nous étions déjà parties au moment où il s’est souvenu d’elle, et de toute manière aucune de nous n’avait lu En terre étrangère et nous étions un peu trop méprisantes envers la science-fiction pour qu’il critique Heinlein en notre compagnie plutôt réfrigérante. De même, il ne voulait pas nous en décrire les scènes osées.
Mais c’était une histoire que nous aurions aimée, spécialement le sauvetage à la fin. Nous aurions été tristes pour le père, mais nous aurions aimé les filles Pluie Blanche. D’après cette histoire, personne n’ayant connu Grigg depuis la petite enfance n’aurait pu douter qu’il était né pour être une héroïne.

Karen Joy Fowler, Le club Jane Austen
Publié pour la première fois en 2004
Traduit en français en 2005

Mardi 21 avril 2009

Tous ceux et toutes celles qui ont eu à écrire un texte le savent: il faut écrire et réécrire plusieurs fois la même phrase avant de trouver la forme juste. Pour le commun des mortels, voilà un exercice très ennuyeux qui donne l’impression de faire du surplace… Mais d’autres ont su le tourner en quelque chose d’artistique et de ludique, comme Raymond Queneau avec son désormais célébrissime Exercices de style. J’avais déjà lu ce bouquin y a un bail, quand j’étais encore en culottes courtes, et je ne m’en rappelais guère plus. Donc, relecture…

Ce livre est né d’une double contrainte littéraire : d’une part, Queneau devait écrire 99 fois la même histoire, mais toujours de façon différente (comment il s’est mis ça en tête, va savoir !) ; d’autre part, chaque version de l’histoire doit illustrer un genre stylistique bien particulier, et on le voit en lisant tous les titres du livre. Ce genre d’exercice est précurseur du mouvement Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) qui tente de créer une nouvelle littérature en inventant des contraintes.

Mais quelle est l’histoire dite et redite ? La voici: Le narrateur rencontre dans un bus un jeune homme au long cou, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse tenant lieu de ruban. Ce jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur revoit ce jeune homme qui est alors en train de discuter avec un ami. Celui-ci lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. That’s all, folks.

Ce que j’en pense ? C’était sympa à lire, mais un peu barbant à la longue. Heureusement que les textes sont courts… Il y a tout de même des pépites par ci par là (dont celle que je vous donne en extrait), et des invitations à faire le même exercice (j’ai eu envie de faire la même chose à un moment, huhu). Au final, un moment de lecture assez agréable.

Antonymique.

Minuit. Il pleut. Les autobus passent presque vides. Sur le capot d’un AI du
côté de la bastille, un vieillard qui a la tête rentrée dans les épaules et ne
porte pas de chapeau remercie une dame placée très loin de lui parce qu’elle lui
caresse les mains. Puis il va se mettre debout sur les genoux d’un monsieur qui
occupe toujours sa place.

Deux heures plus tôt, derrière la gare de Lyon, ce vieillard se bouchait les
oreilles pour ne pas entendre un clochard qui se refusait à dire qu’il lui
fallait descendre d’un cran le bouton inférieur de son caleçon.

Raymond Queneau, Exercices de style
Publié pour la première fois en 1943 dans la revue Messages dirigée par Jean Lescure

Jeudi 2 avril 2009

Enchaînons aujourd’hui avec une des zoeuvres originales de notre déesse de l’année (ou de toute la vie, si on est bien atteinte) : Lady Susan.
D’une adaptation de roman, passons à une nouvelle ; d’un texte de fin de vie, passons à un texte écrit au tout début de la vie littéraire de la dame ; d’un récit d’un point de vue extérieur et presque omniscient, passons à des échanges épistolaires ; d’une dame célibataire et fanée, passons à une dame veuve et splendide… A première vue, il ne pourrait pas y avoir plus différent que ces deux ouvrages, Persuasion et Lady Susan !

Ai-je acheté ce folio2€ à cause de la couverture ?…
Peut-être que oui, peut-être que non,
mais je ne m’en souviens plus !

Comme évoqué plus haut, Lady Susan est un des premiers écrits de Jane Austen, écrit autour de 1795, dont quand elle avait 20 ans environ (oui, c’est jeune, je sais !). Petite originalité, il est rédigé sous forme épistolaire.
Ce qu’il faut savoir, c’est que c’était un genre littéraire très à la mode au XVIIIème siècle. D’ailleurs, Sainte Jane avait d’abord écrit Raison et Sentiments sous forme de roman épistolaire avant de changer d’avis. Je crois qu’on peut trouver cette première version sous le titre Elinor et Marianne, mais où ?… Brefle, là n’est pas le sujet. Chez nous, les Frenchies, en matière de romans épistolaires, on peut penser aux Lettres Persanes de Montesquieu ou encore aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.
La raison de l’engouement pour ce genre-là était qu’il permettait d’avoir un aperçu des pensées et des émotions des personnages et de souligner leur duplicité notamment. Mais David Lodge explique beaucoup mieux que moi dans son livre L’Art de la fiction1 :

Le roman épistolaire est un type de récit à la première personne, mais il possède certains traits que l’on ne rencontre pas dans le genre plus familier de l’autobiographie. Alors que l’histoire d’une autobiographie est connue du narrateur avant qu’elle ne commence, les lettres enregistrent un processus en cours ; [...]
Le même effet peut certes s’obtenir en ayant recours à la forme du journal intime, mais le roman épistolaire offre deux avantages supplémentaires. D’abord, on y dispose de plus d’un correspondant et l’on peut ainsi présenter le même événement de différents points de vue en en donnant des interprétations très différentes, [...]

Dans le cas de Lady Susan, on a plusieurs échanges entre interlocuteurs, même si deux d’entre eux prédominent : les lettres de Lady Susan à son amie londonienne Mme Alicia Johnson et celles de l’épouse de son beau-frère Mme Vernon à sa mère Lady de Courcy.

Si j’ai eu un peu de mal à accrocher au début de ma relecture, j’ai fait voler les pages à toute allure jusqu’à la dernière, avec un sentiment de satiété. Voilà bien le style de Jane, inchangé, toujours aussi maîtrisé et caustique ! Ou plutôt devrais-je dire qu’il était DEJA caustique, au vu de sa jeunesse… Jane nous dépeint une grande dame pauvre et fort belle, Lady Susan, qui est mère d’une jeune fille très timide et qui vient de perdre son époux (son mari, Lord Vernon, est mort 4 mois avant la première lettre de cet ouvrage). On reconnaît là un des fils conducteurs de l’imaginaire de Jane: des femmes sans revenus en quête d’époux.
Ce qui change : l’héroïne est la plus haïssable qui soit. C’est une pétasse finie, avide de revenus, de mondanités et d’hommes. Elle ne se considère jamais en tort, toujours juste et intègre, alors même qu’elle néglige sa fille, se joue des hommes et de leurs épouses s’ils en ont… Autour d’elle gravitent des pantins subjugués par sa grande beauté et sa langue habile, ainsi que des ennemis impuissants face à ses pouvoirs.

Le lecteur -en l’occurence, moi- appréciera ce texte jouissif par l’hypocrisie et la duplicité de l’héroïne et les piques austeniennes qui émaillent le texte. Miam ! J’ai tout de même trouvé que ce n’était pas encore assez abouti. C’est très réussi, on entre parfaitement dans l’histoire, mais… trop court, quoi ! Surtout quand on tombe sur la fin…
Cette fin est un peu différente des fins austeniennes « classiques », j’ai trouvé.2 Il y a bien un/des mariages, tout finit bien qui finit bien pour les gentils, mais la méssante dadame n’est pas vraiment punie… Mais j’en dis pas plus là dessus. Pour ça, faut lire la nouvelle, ça ne vous prendra qu’une journée, même pas !

EDIT : J’oubliais de vous servir l’extrait en sauce… Erreur désormais corrigée !

[Lady Susan à propos de sa fille]
Je veux qu’elle joue du piano et qu’elle chante en montrant un peu de goût et beaucoup d’assurance, puisqu’elle a les mains et les bras de sa mère et possède une voix passable. Pour ma part, j’ai été si gâtée dans ma petite enfance qu’on ne m’a jamais obligée à m’appliquer à quelque étude que ce soit, et il s’ensuit que je n’ai pas ces talents de société qui sont considérés comme nécessaires aujourd’hui pour parfaire une jolie femme. Ce n’est pas que je me fasse le défenseur de la mode qui prévaut d’acquérir une connaissance sans défaut de tout ce qui est langues, beaux-arts et sciences. C’est du temps perdu. Posséder le français, l’italien, l’allemand, la musique, le chant, le dessin, etc. vaudra quelques applaudissements à une femme mais n’ajoutera pas un seul prétendant à sa liste. La grâce et les manières, après tout, sont ce qui compte le plus.
Mon intention n’est donc pas de permettre à Frederica des acquisitions autres que superficielles, et je me flatte qu’elle ne restera pas assez longtemps dans sa pension pour approfondir quoi que ce soit.

Jane Austen, Lady Susan
Rédigé dans les années 1795 et publié après le décès de l’auteure

  1. dont je dois me hâter de faire la critique, depuis le temps que ça traîne…
  2. Peut-être un peu bâclée, du fait du changement de genre ?…

Mercredi 1 avril 2009

De retour de Brussels et ses choux et ses gaufres et ses bières, un peu de raffinement pour commencer le mois d’avril… Et non, ce n’est pas un poisson d’avril! (ah ah ah, vous vous y attendiez pas à celle-là, hein?)

Je sais bien que normalement le 1er avril est un jour fantasque où l’on se fend la poire, mais je n’y peux -presque- rien si j’ai commencé le Challenge Jane Austen par une adaptation de Persuasion, chers happy few. Vous le verrez assez vite, ce n’est pas le plus jouasse des ouvrages de notre Janie. Pour la petite histoire (il y en a toujours, des petites histoires (ça rajoute un peu de piment (et puis c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale (et comme c’est la première « vraie » critique pour le challenge, y en a pas beaucoup)))), pour la petite histoire donc, Persuasion serait le dernier roman « achevé » de Jane Austen, écrit à l’automne de sa vie, quand elle était malade. Elle n’aura d’ailleurs pas le temps de corriger le manuscrit qui sera publié à titre posthume, en 1818, un an après sa mort. De ce fait, on remarque une certaine mélancolie, presque de l’amertume dans Persuasion.

Lady Russell et Anne Elliot, dans l’adaptation

C’est l’histoire d’une « vieille » fille de 27 ans, Anne Elliot. Elle est la cadette d’un baronet veuf et très très fat. L’aînée des trois filles Elliot est une belle femme célibataire et imbue de sa personne, digne rejetonne du baronet ; la benjamine est hypocondriaque, mariée et mère de deux garçonnets hyperactifs. un beau tableau… Anne est bien oubliée, bien négligée, dans tout cela… Un jour vient où le baronet, surendetté car vivant bien au-dessus de ses moyens, se trouve dans l’obligation de louer sa propriété à un amiral, de retour après la guerre contre Napoléon, et d’aller vivre à Bath. On découvre alors qu’Anne a aimé dans sa jeunesse, mais que le prétendant, Wentworth, n’avait que sa personne pour se faire valoir. La protectrice et amie intime d’Anne, Lady Russell, lui avait déconseillé cette union et, huit ans plus tard, tous l’ont oublié, sauf notre pauvre Anne au coeur brisé, quand il revient, enrichi par la guerre napoléonienne… Le reste, je dis pas !

Le ténébreux capitaine Wentworth

L’adaptation en question ici est celle réalisée par Roger Michell, en 1995 avec Amanda Root dans le rôle d’Anne Elliot et Ciaràn Hinds, dans celui du capitaine Wenthworth, son ancien prétendant. Et en VOST, siouplé !

Je dois dire que je l’ai beaucoup aimée : il en émane une certaine douceur mais également une critique presque amère de la société, semblable à celle que l’on ressent dans le roman. Ca ne dure qu’1h45, mais le réalisateur et le scénariste ont réalisé le tour de force de respecter le roman et son ambiance tout en le synthétisant… Par ici, une pépite de cynisme, par là, une pincée de tendresse et de mélancolie. Cette adaptation permet d’avoir un portrait de la société anglaise du début du XIXème siècle, juste après la première guerre napoléonienne : d’un côté, la noblesse en déliquescence qui perd la suprématie des terres et s’enferre dans ses traditions et ses titres, de l’autre les soldats, les marins et les bourgeois florissants.

Pour achever le coup de pinceau, j’ai trouvé que tous les acteurs habitent vraiment leurs personnages. D’ailleurs, j’adore le père d’Anne Elliott, tout bouffi d’orgueil et se croyant le meilleur du monde, tout en étant obsédé par l’apparence des uns et des autres !… Et il a l’honneur de sortir la phrase qui tue, lorsque le fiancé d’Anne (oui elle finit par se marier, comme si on ne s’y attendait pas du tout) vient lui demander la main de sa fille : « Anne ? You want to marry Anne ? But whatever for ? » (pour les non anglophones, ca se traduirait par « Anne ? Vous voulez épouser Anne ? Mais pourquoi faire ? ») Héhé…

A voir et à revoir !

Roger Michell, Persuasion, inspiré du roman éponyme de Jane Austen
Avec Amanda Root (Anne Elliott) et Ciaràn Hinds (Capitaine Wentworth)
Tourné en 1995 pour le cinéma