Court instant de poésie… Comme ça, sans raison.
En faut-il vraiment une?
Le nuage dit à l’indien
« Tire sur moi tes flèches,
je ne sentirai rien. »« C’est vrai, rien ne t’ébrèche,
Répond le sauvage,
mais vois mes tatouages !
Rien de pareil sur les nuages. »
Toute la mer va vers la ville !
Son port est surmonté d’un million de croix :
Vergues transversales barrant de grands mâts droits.Son port est pluvieux et suie à travers brumes,
Où le soleil comme un oeil rouge et colossal larmoie.Son port est ameuté de steamers noirs qui fument
Et mugissent, au fond du soir, sans qu’on les voie.Son port est fourmillant et musculeux de bras
Perdus en un fouillis dédalien d’amarres.Son port est tourmenté de chocs et de fracas
Et de marteaux tournant dans l’air leurs tintamarres.Toute la mer va vers la ville !
Les flots qui voyagent comme les vents,
Les flots légers, les flots vivants,
Pour que la ville en feu l’absorbe et le respire
Lui rapportent le monde en leurs navires.
Les Orients et les Midis tanguent vers elle
Et les Nords blancs et la folie universelle
Et tous les nombres dont le désir prévoit la somme.
Et tout ce qui s’invente et tout ce que les hommes
Tirent de leurs cerveaux puissants et volcaniques
Tend vers elle, cingle vers elle et vers ses luttes :
Elle est le brasier d’or des humaines disputes,
Elle est le réservoir des richesses uniques
Et les marins naïfs peignent son caducée
Sur leur peau rousse et crevassée,
A l’heure où l’ombre emplit les soirs océaniques.Toute la mer va vers la ville !
Ô les Babels enfin réalisées !
Et cent peuples fondus dans la cité commune ;
Et les langues se dissolvant en une ;
Et la ville comme une main, les doigts ouverts,
Se refermant sur l’univers ![...]
illustré par une vue de la Mer Noire de Klavdij Sluban ;
tous deux découverts au hasard
des excellentes promenades photographiques
dont je reparlerai certainement…
Le principe est simple et clair : montrer une collection par jour, pendant toute l’année 2010, du 1er janvier au 31 décembre. Cette collection peut être réelle, photographiée, ou imaginaire donc dessinée. Elle peut être éphémère, concerner de petits objets d’apparence insignifiante, ressembler à un herbier.
Tel est le projet de Lisa Congdon avec A collection a day – 2010. 2010, car ce n’est pas la première année de ce projet : elle l’a déjà réalisé en 2009, mais je ne connaissais pas encore.

Lisa Congdon collectionnait, agençait et présentait à tout va depuis son enfance. Ce projet est donc là pour avancer sur cette réflexion (à la limite de l’obsession dit-elle) et pour tenter de documenter ses collections, tant réelles qu’imaginaires. Le résultat est très esthétique et me fait parfois penser aux accumulations interminables mais fascinantes dont Pérec a le secret: des gommes, des fiches de bibliothèque, des coquillages, des feuilles à entête, des brosses à chaussures, des cartes postales, des paniers en osier, etc.
Ce petit plaisir quotidien, j’avais envie de le partager avec vous…
Ces temps-ci, je bave encore et toujours devant des objets, des détails, des vêtements. C’est curieux, c’était pareil l’an dernier, à la même date. C’était de là le porte-clé matrioschka, le sac de chinoise, les boules à thé et les boucles d’oreilles radis que vous n’avez pas vues (héhé oui, comme Luna dans Harry Potter)(on est geek ou on n’est pas).
Pourtant, avec Noël, je devrais être rassasiée, non? Peut-être est-ce à cause des exams et autres stress, de l’hiver, de la nuit qui tombe toujours plus tôt… Je ne sais. En tout cas, heureusement qu’en général ce sont de petits objets pas chers qui titillent mes envies! Mais là, ces oxfords, va y avoir un problème, ça coûte la peau des fesses… Allez, ça fera partie des petits plaisirs virtuels, comme ces collants bicolores qui sont même pas à ma taille. Si vous pouvez, profitez-en, vous! (Au fait, vous voulez que je vous dise ma date d’anniversaire?)
…devant ces pompes, cette jupe et ces collants bicolores vus sur le blog des Petits°Bonheurs! Mais grosse crise de jalousie: pourquoi c’est que pour les enfants ces fringues, hein? Pourquoi ??? C’est injuste, les mômes ont tout ce qui est coloré tout en étant classe…
Bon, y a plus qu’à demander au Père Noyel une cure de jouvence, histoire de rajeunir de dix ans AU MOINS.
(je crois)













