Depuis la semaine dernière, le froid s’est abattu sur nous. Des confortables 25 degrés, nous sommes passés en une nuit à la douloureuse douzaine de degrés… Un changement ma foi fort brutal, typique des surprises que l’Automne maladroit aime à nous sortir. L’an passé, nous avions déluges et inondations ; maintenant, nous aurons chutes de température et quoi d’autre encore?
On se résigne. On s’emmitoufle ; on sort les mitaines, les châles, les bonnets ; les aiguilles tournent de plus belle, créant force ouvrages chauds ; le thé est toujours fumant sur la table. Mais ça ne suffit pas pour se créer l’illusion de la chaleur et du cocon. Ce passage d’un poème de Baudelaire peut peut-être aider…
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.— La mort des Amants, Charles Baudelaire
Ca y est, aujourd’hui ce blog a un an. Ça fait toujours drôle, quand on réalise qu’on passe ce cap-là: c’est à la fois long et court…
Mais pourquoi discourir quand on peut profiter de l’instant pour faire la fête?
Depuis quelques mois, j’ai ce début de phrase qui va et vient dans ma tête, sans pouvoir trouver d’où il vient. Je pense que c’est tiré d’un poème ou d’un roman anglais, mais lequel? Quand j’enquête sur la Toile, je ne tombe que sur les paroles d’une chanson que je n’ai certainement jamais connue avant. Mais ainsi est ma pensée, faite de réminiscences floues, sans origine claire.

Mais peu importe, dans la rosée du matin (ou in the morning dew pour rester dans le sujet), il vaut mieux profiter des couleurs d’aquarelle encore humide, de la fraîcheur qui claque sur les joues (oui, même à Aix à sept heures du matin) et surtout de ce calme prégnant: les oiseaux sortent à peine de leur nid, les chats se promènent à pas feutrés dans les rues et les gens sont encore somnolents à l’arrêt de bus.
Je délaisse alors ce bout de phrase lancinant pour songer à la fin de ce poème d’Apollinaire, si vrai à ce moment de la journée:
Et que j’aime, ô saison, que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles qu’on foule
Un train qui roule
La vie s’écoule— Automne malade, Guillaume Apollinaire
Ce post a été publié ce jour, à 09h09. C’est l’occasion pour moi de vous faire une confession: j’adore quand les chiffres forment une série continue. Peut-être parce que le hasard m’a fait voir le jour à un de ces moments particuliers. Du coup, amis et famille me préviennent à chaque fois qu’ils voient 11h11, 12h34, 22h22, etc.
Mais je me réjouis encore plus aujourd’hui: ce n’est pas tous les jours qu’on peut avoir une telle série de chiffres identiques… Le jour, le mois, l’année, l’heure et la minute, tous se ressemblent et s’alignent à la queuleuleu!
Y a de quoi se réjouir, ou au moins sourire, non? Et surtout le jour où j’ai 24 ans…
J’ai été un peu silencieuse depuis mon retour, vous l’avez sûrement remarqué. Mais la raison, vous l’ignoriez…
Eh bien, la voici ! Je me penchais sur le corps frêle de Bulle d’Art, délaissée depuis de longs mois (ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de la réveiller de temps à autre…).

Avec cette nouvelle mouture, elle devrait connaître un p’tit coup de fouet! Pas que je ne m’intéresse qu’à l’apparence, hein: j’ai également nettoyé les articles, ôtant celles qui ne collaient pas à la ligne éditoriale (j’aurai jamais cru écrire ça un jour) de ce blog-là et préparant d’autres articles.
J’ai l’impression d’avoir réanimé Frankenstein et de lui avoir faire un léger make-up: je suis toute émue! Mais aussi légèrement appréhensive, faut le reconnaître…












