
Pour lire les autres Happy Sundays, passez chez Poppy lire les commentaires du jour. Voilà, lundi approche ; il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une très bonne semaine à tous!
Pris d’une envie bucolique fin septembre, nous avons repris le chemin des balades du week-end en commençant par un tour à Lamanon, dans les Alpilles. On tentait d’y apercevoir l’un des plus vieux platanes de la région, un fier tricentenaire accueillant dans son ombre un cheptel de chèvres. Mais las! Si nous avons pu le voir, nous n’avons pu nous en approcher. Un petit tour au parc d’à côté pour observer, entre autres, des « djeuns » tous affairés à tagguer un mur mis à leur disposition, une visite de la ville pour se pâmer devant les vieilles voitures garées çà et là, et hop, nous repartions à l’aventure!

Sur la carte routière, on avait repéré un village à quelques kilomètres de là qui offrait une jolie vue panoramique et des ruines. La plaine fut traversée, les collines contournées, l’autoroute évitée: nous voilà rendus! Une haute colline à plateau se dressait là, avec le village en contrebas et… le village sur le plateau. Celui du plateau,Vernègues le vieux, n’existe plus qu’à l’état de ruine, suite à un grand tremblement de terre qui secoua la région en 1909. Lambesc et Vernègues en souffrirent tout particulièrement, les villages environnants et Aix furent également touchés mais à moindre mesure.
Aujourd’hui, quand on gravit la colline, tout semble paisible. Quelques murs se dressent épars, mais ne portent plus en eux les marques de la destruction. Ils ont pris, à la longue, une aura semblable à celles des dolmens. Le sentier bifurque tout d’un coup et nous mène sur le plateau désormais vide: quelques arbres tortueux sur le bas-côté, deux antennes téléphoniques arrivées là il y a peu et une petite tour panoramique, voilà tout ce qui retient le regard. Le reste? Une immensité recouverte de buissons chétifs et d’herbes folles, peuplée par des papillons et des criquets aux ailes rouges ou bleues.
Petit aperçu…
Depuis quelques mois, j’ai ce début de phrase qui va et vient dans ma tête, sans pouvoir trouver d’où il vient. Je pense que c’est tiré d’un poème ou d’un roman anglais, mais lequel? Quand j’enquête sur la Toile, je ne tombe que sur les paroles d’une chanson que je n’ai certainement jamais connue avant. Mais ainsi est ma pensée, faite de réminiscences floues, sans origine claire.

Mais peu importe, dans la rosée du matin (ou in the morning dew pour rester dans le sujet), il vaut mieux profiter des couleurs d’aquarelle encore humide, de la fraîcheur qui claque sur les joues (oui, même à Aix à sept heures du matin) et surtout de ce calme prégnant: les oiseaux sortent à peine de leur nid, les chats se promènent à pas feutrés dans les rues et les gens sont encore somnolents à l’arrêt de bus.
Je délaisse alors ce bout de phrase lancinant pour songer à la fin de ce poème d’Apollinaire, si vrai à ce moment de la journée:
Et que j’aime, ô saison, que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles qu’on foule
Un train qui roule
La vie s’écoule— Automne malade, Guillaume Apollinaire

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