Toute la mer va vers la ville !
Son port est surmonté d’un million de croix :
Vergues transversales barrant de grands mâts droits.Son port est pluvieux et suie à travers brumes,
Où le soleil comme un oeil rouge et colossal larmoie.Son port est ameuté de steamers noirs qui fument
Et mugissent, au fond du soir, sans qu’on les voie.Son port est fourmillant et musculeux de bras
Perdus en un fouillis dédalien d’amarres.Son port est tourmenté de chocs et de fracas
Et de marteaux tournant dans l’air leurs tintamarres.Toute la mer va vers la ville !
Les flots qui voyagent comme les vents,
Les flots légers, les flots vivants,
Pour que la ville en feu l’absorbe et le respire
Lui rapportent le monde en leurs navires.
Les Orients et les Midis tanguent vers elle
Et les Nords blancs et la folie universelle
Et tous les nombres dont le désir prévoit la somme.
Et tout ce qui s’invente et tout ce que les hommes
Tirent de leurs cerveaux puissants et volcaniques
Tend vers elle, cingle vers elle et vers ses luttes :
Elle est le brasier d’or des humaines disputes,
Elle est le réservoir des richesses uniques
Et les marins naïfs peignent son caducée
Sur leur peau rousse et crevassée,
A l’heure où l’ombre emplit les soirs océaniques.Toute la mer va vers la ville !
Ô les Babels enfin réalisées !
Et cent peuples fondus dans la cité commune ;
Et les langues se dissolvant en une ;
Et la ville comme une main, les doigts ouverts,
Se refermant sur l’univers ![...]
illustré par une vue de la Mer Noire de Klavdij Sluban ;
tous deux découverts au hasard
des excellentes promenades photographiques
dont je reparlerai certainement…
je suis sûre que vous avez déjà vu cette vidéo ces derniers jours, mais tant pis! C’était trop tentant d’ajouter de cette manière l’animated typography aux vidéos bizarres que j’affectionne…
C’est un étudiant en graphisme de Rennes qui avait pas d’idées pour terminer son master. Alors il a regardé dans les archives des grands noms qui claquent, pour au final tomber sur l’appel du 22 juin 1940 émis par De Gaulle, que tous les gaulois (au moins) connaissent. Y a des incultes qui croient que cet appel est celui, célébrissime, du 18juin, mais non. De cet appel-là, aucune archive. Y en a pas beaucoup qui l’ont entendu on dirait. Par contre, quand De Gaulle a rebraillé 4 jours plus tard, ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd (ah ah ah). Bref, on s’en fout de De Gaulle, on a assez parlé de lui cette semaine…
Cet étudiant qui s’emm… pas mal, c’était Richard Simon. Après des heures de gribouillis sur papier puis de bidouillage sur After Effects, il a pondu cette vidéo en typographie animée. Là, pas de dessins, pas de photos, pas de visages, juste des mots. Et on peut le voir, les mots peuvent être super efficaces quand on sait comment les tourner et comment les présenter leur plus bel angle… Allez, mettez-vous en plein la vue si ce n’est déjà fait! Et promis, je vous en trouverai d’autres des vidéos comme ça!

A quoi vous font-ils penser, ces délicieux (et bourratifs) Muffins Gros-Nez?
- A des hippopotames?
- A des mohawks?
- Au général de Gaulle?
- A autre chose?
Lâchez-vous!…
(et si ça vous dit, je vous dirai le secret de fabrication)
(et si ça vous dit pas, je l’emporterai dans la tombe)
Ca y est, plus d’une semaine après la date D (D comme Défi13 en retard aussi), voici le p’tit bébé qui vient de tomber des aiguilles! (oui, la chute ça fait mal)(pour le consoler, je lui ai mis de zolis boutons en pâte de verre)

Quand Kirsten Kapur a sorti son nouveau design Que Sera, j’avais bien aimé le look follement vintage et légèrement granny de la chose. Alors hop, en route poupoule!
Mais sur l’autoroute à tricoter, je me suis retrouvé légèrement retardée par d’autres projets (bin ouais, j’ai même fait une pointe avec trois sweaters sur les aiguilles… ouh la ouh la, ça va m’enlever au moins 2 points du permis ça!) et par mon stage d’été qui a commencé la semaine dernière et m’occupera jusqu’à mi-août.

Ce n’est donc qu’aujourd’hui que j’ai terminé le gilet, avec de petites manches pour cause de métrage insuffisant. N’empêche, j’en suis pas mécontente: plus je fais de gilets, plus j’affine mes goûts en la matière. Non? Non?
Déballer un colis, ça a un petit goût de cadeau de noël qui arrive à l’improviste. Peu importe si ça a été commandé (c’est même sympa d’attendre cette chose dont on avait envie), peu importe ce que le colis contient (je le vois à l’état dans lequel mon cher et tendre est quand il reçoit une pièce pour la voiture…), seul compte le déballage dudit colis : minutieux ou ravageur.
On peut le laisser bien en évidence sur la table et vaquer à ses occupations avant d’enfin se jeter dessus ; on peut au contraire le garder dans les bras, et courir partout en poussant des cris aigus à la recherche de ciseaux, de cutter, de hache, tout ce qui peut servir à ouvrir le précieux paquet ; on peut rester serein, calme, tirer sur la languette prédécoupée et extraire d’un air indifférent les objets avant de se plonger dedans en oubliant l’eau sur le feu, la baignoire qui se remplit, l’aspirateur qui tourne.
Plus rien n’existe, si ce n’est l’offrande venue de l’extérieur… Et tout est possible, tout est une forme de bonheur.
J’ai justement trois-quatre colis quelque part dans la nature ; deux commandés, un dû et un cadeau en échange de service rendu. Comme à chaque fois, je guette le facteur pendant plusieurs jours, tendant l’oreille vers midi-1h, pour lui bondir dessus, la bave aux lèvres. Que voulez-vous, cette attente est un plaisir, mais aussi une pathologie… Entre les deux extrêmes, mon coeur balance!
C’est pas votre cas?
Allez, dites-moi tout…











