Clochemerle a connu plusieurs hiatus depuis le début de l’année, un peu comme des vagues de froid s’abattant sur le village. Dans ces moments-là, tout semble endormi, engourdi, mais au coeur des chaumières, tout s’agite et frétille… Ce n’est pas parce que c’est silencieux ici qu’il n’y a rien à dire. Au contraire. Pour preuve, chez le rossignol, il y a au moins 13 livres qui attendent qu’on parle d’eux. Et je ne parle même pas des films…
Il est temps aujourd’hui d’exhumer ces pages et de partager avec vous ces mots qui émeuvent ou laissent un peu indifférent. Commençons avec le plus ancien, celui qui a attendu le plus: Little Women, ou Les Quatre filles du Docteur March, de Louisa May Alcott. Peut-être avez-vous vu l’adaptation télé un noël?

Et sachant que c’est un roman à destination des enfants,
je me suis dit qu’en VO ça ne devait pas faire mal aux cheveux…
Alors, de quoi ça parle? Des quatre filles du docteur March, on s’en doute. Elles ont entre 12 et 16 ans et elles ont chacune un caractère bien affirmé, auquel toutes les petites filles peuvent plus ou moins s’identifier. Il y a le garçon manqué écrivain, l’aînée modèle, l’ange de modestie et la petite artiste précieuse. Jo, Meg, Beth et Amy. L’histoire est simple: on suit ces filles dans leur vie quotidienne, auprès de leur mère, tandis que leur père est au front, pendant la guerre de Sécession. Les unes grandissent et deviennent adultes ; les autres apprennent « les bonnes manières ».
J’avais attendu le mois de décembre pour lire ce roman, en partie à cause du film que je ne voyais qu’à Noël. C’est une lecture qui va bien en cette saison-là, pleine de bons mots et de bons sentiments. Il y a de l’humour, de la tristesse, de l’émotion… Comme dans tout bon feuilleton. Et justement je crois que le roman a d’abord été publié dans les journaux, comme beaucoup d’autres ouvrages de l’époque. Agréable à lire, mais je ne dirais pas que c’est inoubliable.
Oh, et mon personnage préféré, c’est Jo l’irrévérencieuse, Jo la garçonne, Jo l’écrivain, Jo qui se fiche de la mode, Jo à la langue bien pendue… Et vous?
Vous vous rappelez le swap? En même temps, ça m’étonnerait pas trop que vous l’ayiez oublié, vu tout le temps qui est passé depuis… Bref, bref, vous aviez vu mes offrandes sur l’autel d’une tricoteuse américaine en l’honneur du printemps, mais vous n’aviez pas pu admirer ce que j’avais reçu d’une autre tricoteuse pour la même occasion. Voici, voilà!

On a donc de nombreux tons de vert et de bleu : un bonnet turquoise, un écheveau de « Berroco Light Alpaca » couleur soupe de pois (peasoup), des marqueurs de mailles, deux boutons fleuris, une fleur verte à mettre dans les cheveux, un pin’s et des bonbonnnnnns ! (je suis TRES TRES gourmande au cas où vous l’auriez pas remarqué)
On peut dire qu’elle m’a salement gâtée ma swappeuse! (ouf, je vous ai épargné les cris hystériques que je pousse quand j’ai un colis pour moi!)
J’ai ENFIN fini ce gilet qui traînait sur mes aiguilles depuis 3 mois… Autant vous dire que je suis soulagée d’en avoir fini avec ce machin !!
Faut dire que du point mousse tout le temps, pendant des kilomètres, ça devient vite chiant. Faut dire aussi que je l’ai souvent mis de coté pour d’autres projets plus petits, plus rigolos ou pour des cadals urgentissimes…
Du coup, chaque fois que je le reprenais, ça devenait une corvée.

Mais au final, cette corvée en valait le coup! Ilébo le GRR ; ilécho le GRR ; ilédou le GRR : le contrat est rempli !
Et en plus, la couleur moutarde est étonnamment versatile, ça va avec tout, c’est plus original que le sempiternel bleu et la teinte change beaucoup selon la luminosité en allant du marron au doré…

Contente donc, mais je crois pas que j’en ferai un troisième de sitôt (le 1er c’est par là et là aussi), parce que sinon je referai un gros GRRRRRR de frustration !
Le principe est simple et clair : montrer une collection par jour, pendant toute l’année 2010, du 1er janvier au 31 décembre. Cette collection peut être réelle, photographiée, ou imaginaire donc dessinée. Elle peut être éphémère, concerner de petits objets d’apparence insignifiante, ressembler à un herbier.
Tel est le projet de Lisa Congdon avec A collection a day – 2010. 2010, car ce n’est pas la première année de ce projet : elle l’a déjà réalisé en 2009, mais je ne connaissais pas encore.

Lisa Congdon collectionnait, agençait et présentait à tout va depuis son enfance. Ce projet est donc là pour avancer sur cette réflexion (à la limite de l’obsession dit-elle) et pour tenter de documenter ses collections, tant réelles qu’imaginaires. Le résultat est très esthétique et me fait parfois penser aux accumulations interminables mais fascinantes dont Pérec a le secret: des gommes, des fiches de bibliothèque, des coquillages, des feuilles à entête, des brosses à chaussures, des cartes postales, des paniers en osier, etc.
Ce petit plaisir quotidien, j’avais envie de le partager avec vous…
Me revoici après plus de deux semaines de silence dûes à la fin du stage (et donc à une frénésie pour terminer les projets), à la mise à jour des serveurs de mon hébergeur (ce qui m’a fait perdre certains commentaires, snif) et aux vacances bien méritées (à mon humble opinion!). Les programmes, suspendus abruptement malgré moi, reprennent donc. En vue: un arrangement désordonné de critiques de bouquins (j’en ai plus d’une dizaine qui attendent qu’on parle d’eux), de critiques de films, de tricotage, de papotages, de balades et autres…
On va commencer par un de ces petits plaisirs quotidiens que j’adore. Cette fois, ce n’est pas un gadget qui fait plaisir, ni même un achat compulsif et inutile. Pour tout dire, j’ai rien déboursé pour ça. Non, ce petit plaisir-là, c’est de trouver des choses dans la rue, des choses peut-être sans intérêt (comme ce blog, non? huhu) mais qui vous parlent.

J’ai donc trouvé au coin d’une rue, de petits morceaux de puzzle. Quatre pour être précise, mais qui s’encastraient parfaitement les uns dans les autres. J’ignore ce que ça représente ; ce n’est même pas vraiment joli, mais ça m’a rappelé certains passages de La vie: mode d’emploi, de Pérec (encore lui!) que j’avais terminé la semaine d’avant. Ces morceaux-là apparaissaient comme un joli clin d’oeil…
Au départ, l’art du puzzle semble un art bref, un art mince, tout entier contenu dans un maigre enseignement de la Gestalt-theorie : l’objet visé [...] n’est pas une somme d’éléments qu’il faudrait d’abord isoler et analyser, mais un ensemble, c’est-à-dire une forme, une structure: l’élément ne préexiste pas à l’ensemble, il n’est ni plus immédiat ni plus ancien, ce ne sont pas les éléments qui déterminent l’ensemble, mais l’ensemble qui détermine les éléments [...]
ça veut dire qu’on peut regarder une pièce d’un puzzle pendant trois jours et croire tout savoir de sa configuration et de sa couleur sans avoir le moins du monde avancé : seule compte la possibilité de relier cette pièce à d’autres pièces [...]
considérée isolément une pièce d’un puzzle ne veut rien dire ; elle est seulement question impossible, défi opaque ; mais à peine a-t-on réussi, au terme de plusieurs minutes d’essais et d’erreurs, ou en une demi-seconde prodigieusement inspirée, à la connecter à l’une de ses voisines, que la pièce disparaît, cesse d’exister en tant que pièce : l’intense difficulté qui a précédé ce rapprochement, et que le mot puzzle -énigme- désigne si bien en anglais, non seulement n’a plus de raison d’être, mais semble n’en avoir jamais eu, tant elle est devenue évidence : les deux pièces n’en font plus qu’une, à son tour source d’erreur, d’hésitation, de désarroi et d’attente.









