Il reneige ici! Rien qu’un peu, un petit caprice du ciel qui ne durera pas. Même pas de quoi skier sur les collines de Montaiguet. Mais, comme à chaque fois, c’est la fête! Les étoiles plein les yeux, on va chercher le pain et les croissants bien emmitouflés…
Je ne vous assommerai pas avec les photos de la neige partout (vous devez être blasés à force) mais je ne pouvais vraiment pas résister à l’envie de vous montrer celle-là:


Après une journée de conférences éreintante,
petite balade dans le centre-ville
où venait de passer un rassemblement de gouttes de pluie…
Ouf, un peu de fraîcheur !
Dix-huit avril deux mille neuf
Cher journal,
On pensait en avoir fini avec l’orage, comme il a laissé éclater sa colère hier soir. Mais non! Sortis ce midi faire quelques courses au sud d’Aix-en-Provence: grand soleil, ciel bleu clairsemé de nuages blancs. La journée promettait d’être belle, calme et ensoleillée tout du long.
Las! Voilà que le ciel se fend en deux: d’un côté les paisibles moutons blancs dans le pré radieux, de l’autre des béliers noirs galopants dans un pré grisonnant au-dessus des cheminées de Gardanne… Ces béliers bondissent et se roulent sur les champs de colza, écrasent le jaune éclatant des isatis le long de la route, dominent la ville et la campagne et, enfin, épandent leur bile translucide alors que nous rentrions à Aix. Qu’il est difficile d’y bien voir, quand il pleut si fort sur le pare-brise !
Il paraît qu’il pleuvra encore demain, cher journal. Peut-être que ce sera le matin cette fois ?
Dix-sept avril deux mille neuf
Cher journal,
Ca y est, depuis le temps qu’on l’attendait, l’orage a éclaté ce soir.
Il a bien choisi son moment, grondant alors que le jour s’en allait ; des éclairs là, de noirs nuages ici, et le tonnerre tout autour. Et quand enfin la pluie s’abattit sur la terre, le calme revint avec le soleil. Que c’était joli à voir, cher journal!
Plus tard, le jour déclinant de plus en plus, deux arc-en-ciels apparurent… un bon présage, je pense.
J’ai bravé la montagne la semaine dernière, en compagnie du cher et tendre et d’une amie. Gravissons ! Hissons-nous de la vallée jusqu’aux cimes ! Et, tant qu’à faire, évitons les plaques de glace en quittant l’ombre pour l’azur…
Il ne faisait guère chaud, mais le ciel avait sa parure des grands jours d’été. La glace rampait encore dans les creux de la terre humide. Les arbres semblaient rassis par des mois de soleil. Là, en face de nous, se dressait le château où demeura Picasso et où est encore sa dépouille. Un peu plus bas sur la gauche serpentait le chemin que nous allions emprunter pour rejoindre la montagne Venturie, aujourd’hui connue sous le nom de Sainte Victoire. La côte semblait douce, un manteau de verdure ondulant sur la roche.
Mais hardi ! Nous avançons. Depuis Vauvenargues, depuis le château du peintre, nous avançons. Pour la curiosité, pour la vue, et peut-être aussi pour la gloire d’avoir gravi ce sommet-là. Le sentier des plaideurs (ainsi nommé car des villages alentour on venait par ce chemin à Vauvenargues pour régler tout désaccord) se fait placide, presque cajoleur, jusqu’à la fin de la première vraie montée. Il se fait ensuite traître, se précipitant vers un renfoncement du manteau montagneux avant de nous plaquer contre une côte raide, faisant des croche-pieds à chaque pas, nous faisant buter contre les pierres voyageuses.
Un petit sommet garni de pierres blanches permet de faire halte, encore à l’ombre de la majestueuse Venturie. Je suis déjà bien rougeaude, le souffle court, les jambes tremblotantes, mais le plus dur n’est pas fait. Encore une demi-heure (ou était-ce trois quarts d’heure ?) avant de sentir souffler le mistral. Devant moi galope et gambade le sieur cabri, devant moi marche d’un pas sûr l’amie. Je me hisse, je rampe, le corps plaqué contre la roche, ahanant et râlant. Han ! Han !…
Mais voilà que mon regard n’est plus arrêté par les buissons rachitiques ou par les rocs glissants. Le ciel se déroule devant moi, la montagne se courbe comme une vague figée en plein galop, et un parapente fend la bise… Et clic ! et clac ! et cloc ! (ah non) Un peu d’eau, une pomme fraîche, le vent sur les joues, du silence à perte de vue… Et c’est reparti ! On emportera tout de même avec nous de superbes paysages, exemples de l’immensité du monde… (non j’exagère pas)









