
Le 20 juillet 1969, il y a quarante ans,
trois astronautes étaient « dans cette boule à couleur de safran ».
De quel moyen usèrent-ils pour y choir ?
Cyrano a sa petite idée, lui qui y voyagea aussi…
CYRANO
Non, je n’imitai rien de ce qu’on fit avant !
J’inventai six moyens de violer l’azur vierge !DE GUICHE, se retournant.
Six ?CYRANO, avec volubilité.
Je pouvais, mettant mon corps nu comme un cierge,
Le caparaçonner de fioles de cristal
Toutes pleines des pleurs d’un ciel matutinal,
Et ma personne, alors, au soleil exposée,
L’astre l’aurait humée en humant la rosée !DE GUICHE, surpris et faisant un pas vers Cyrano.
Tiens ! Oui, cela fait un !CYRANO, reculant pour l’entraîner de l’autre côté.
Et je pouvais encor
Faire engouffrer du vent, pour prendre mon essor,
En raréfiant l’air dans un coffre de cèdre
Par des miroirs ardents, mis en icosaèdre !DE GUICHE, fait encor un pas.
Deux !CYRANO, reculant toujours.
Ou bien, machiniste autant qu’artificier,
Sur une sauterelle aux détentes d’acier,
Me faire, par des feux successifs de salpêtre,
Lancer dans les prés bleus où les astres vont paître !DE GUICHE, le suivant, sans s’en douter, et comptant sur ses doigts.
Trois !CYRANO
Puisque la fumée a tendance à monter,
En souffler dans un globe assez pour m’emporter !DE GUICHE, même jeu, de plus en plus étonné.
Quatre !CYRANO
Puisque Phoebé, quand son arc est le moindre,
Aime sucer, ô boeufs, votre moelle… m’en oindre !DE GUICHE, stupéfait.
Cinq !CYRANO, qui en parlant l’a amené jusqu’à l’autre côté de la place, près d’un banc.
Enfin, me plaçant sur un plateau de fer,
Prendre un morceau d’aimant et le lancer en l’air !
Ça, c’est un bon moyen : le fer se précipite,
Aussitôt que l’aimant s’envole, à sa poursuite ;
On relance l’aimant bien vite, et cadédis !
On peut monter ainsi indéfiniment.DE GUICHE
Six !
- Mais voilà six moyens excellents !… Quel système
Choisîtes-vous des six, Monsieur ?CYRANO
Un septième !DE GUICHE
Par exemple ! Et lequel ?CYRANO
Je vous le donne en cent !…DE GUICHE
C’est que ce mâtin-là devient intéressant !CYRANO, faisant le bruit des vagues avec de grands gestes mystérieux.
Houüh ! houüh !DE GUICHE
Eh bien !CYRANO
Vous devinez ?DE GUICHE
Non !CYRANO
La marée !…
À l’heure où l’onde par la lune est attirée,
Je me mis sur le sable – après un bain de mer -
Et la tête partant la première, mon cher,
Car les cheveux, surtout, gardent l’eau dans leur frange ! -
Je m’enlevai dans l’air, droit, tout droit, comme un ange.
Je montais, je montais, doucement, sans efforts,
Quand je sentis un choc !… Alors…DE GUICHE, entraîné par la curiosité et s’asseyant sur le banc.
Alors ?
Edmond Rostand
(…) Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (« Très-bien ! » à gauche.)
Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé.
L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France, – personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, – mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même (« Très-bien ! » sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main.
(…)
Sans doute, au lendemain de cette belle journée, les nuages s’assemblèrent de nouveau, la foudre en sortit : la France, en repoussant d’une main l’étranger, se déchira de l’autre main, mais, à travers toutes les calamités que nous avons subies, à travers tous ces courants d’action et de réaction qui ont si longtemps désolé la France, cette grande image et cette grande idée de la Fédération n’ont pas cessé de planer sur nos têtes comme un souvenir impérissable, comme une indomptable espérance.
Messieurs, vous consacrerez ce souvenir, et vous ferez de cette espérance une réalité. Vous répondrez, soyez-en assurés, au sentiment public, en faisant définitivement du 14 juillet, de cette date sans égale qu’a désignée l’histoire, la fête nationale de la France.
Dans le grand déballage dont je vous parlais la semaine dernière, voici l’autre véri véri sikrait tricot… Ou devrais-je dire tricots? En effet, ils sont plusieurs à être nés d’un assemblage de fils sur les aiguilles.
Il n’y a pas grand chose à en dire: ce sont de petits jouets pour trois enfants en dessous de 3 ans et trois grands enfançons de 20 et quelques berges. Les trois lapins, la chimère étrange à bouche rouge, le chat roux et l’oiseau violet ont aujourd’hui rejoint leurs propriétaires qui (je crois ?) les apprécient.

Je ne vous montre ici que quatre d’entre eux, n’ayant pas obtenu de photo potable des deux derniers. Ce n’est pas grave, j’en ferai d’autres! Ceux-là ont été tricotés, mais j’aimerais bien tester les amigurumis, ces joujoux japonais au crochet tous cromeugnons… (faudra juste qu’on m’explique tout de zéro au crochet car là j’y comprends rien)
Allez, encore un post ou deux spécial tricot et puis je vous lâcherai un moment avec ça, pour parler d’autres choses autrement plus intéressantes!
Hop, ces prochains jours, vous en aurez du tricot! C’est pas que j’ai passé mes jours et mes nuits à tricoter pour refouler le désespoir de ne pas pouvoir bloguer, mais tout simplement que voici enfin venir les deux secrets qui traînaient dans les tiroirs depuis un peu plus d’un mois. Le premier, le voici, le voilà!

Il aura passé un mois sur mes fines aiguilles mais le résultat en vaut le coup… Je parle bien entensûr du gilet kaléido de la Droguerie, que j’avais confectionné avec affection (et discrétion) pour la fête des mamans.
La recette est toute simple : du kaléido « été austral» (que j’aime ce fil tout doux, tout fin et tout coloré!) et des aiguilles 3,5 pour faire des côtes et encore des côtes, le tout arrosé de beaucoup d’amour!

Ca a tout de même plus de classe que les colliers de pâtes et les cendriers en pâte à modeler, vous ne trouvez pas? Je sais bien qu’on dit que c’est le geste qui compte, mais quand même, huhu.

Ding ding ding ! Ce matin, au son des cloches, les petits lapins tout cromeugnons ont sorti leur petit museau rose du sombre terrier et gambadent de ci de là au milieu des oeufs multicolores…
Etrange scène ? Peut-être si c’était un autre jour dans l’année, mais là, c’est Pâques! Pas besoin d’explications…










