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	<title>Clochemerle &#187; Une baguette s&#8217;il vous plaît</title>
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	<description>Les rumeurs d&#039;un village irréductible...</description>
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		<title>Dans Bloomsbury, une duchesse</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 09:13:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Autant vous prévenir tout de suite: je vais encore un peu vous causer de ma mère. J&#8217;y peux rien si en ce moment mes lectures sont souvent liées aux siennes. En l&#8217;occurrence, à son anniversaire elle a eu un livre que j&#8217;avais suggéré, connaissant son goût pour les romans épistolaires. Je parle de 84 Charing [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Autant vous prévenir tout de suite: je vais encore un peu vous causer de ma mère. J&#8217;y peux rien si en ce moment mes lectures sont souvent liées aux siennes. En l&#8217;occurrence, à son anniversaire elle a eu un livre que j&#8217;avais suggéré, connaissant son goût pour les romans épistolaires. Je parle de <em>84 Charing Cross Road</em>, par Helene Hanff. Je ne l&#8217;ai jamais lu, mais j&#8217;ai eu du bol: elle a adoré! Et mon père aussi d&#8217;ailleurs. Du coup, je le lirai à mon prochain passage au nid&#8230; C&#8217;est pas que je m&#8217;en plaigne, vous savez!</p>
<p>L&#8217;autre jour donc, en cherchant un livre pour mes études, j&#8217;ai vu sur les tables un autre livre de cette dame. Et que croyez-vous que j&#8217;ai fait? Ben, je l&#8217;ai pris! Et je l&#8217;ai dévoré dans la foulée. Et je l&#8217;ai ensuite envoyé à mes parents. Il faut bien les nourrir&#8230;</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/11/duchesse.jpg" alt="" title="duchesse" height="450"/></p>
<p><em>La duchesse de Bloomsbury Street</em> est, en quelque sorte, une suite au roman dont j&#8217;ai parlé plus tôt. En 1971, Helene Hanff a pris les premières vacances de sa vie: elle est partie en Angleterre pendant 1 mois à l&#8217;occasion de la sortie de son livre, <em>84 Charing Cross Road</em>. Vous pensez bien qu&#8217;elle se sentait plus de joie, elle qui était anglophile et bibliomane! On lui a conseillé de tenir un journal, pour se souvenir de tout cela&#8230; Ce qu&#8217;elle a fait, avec bagout!<br />
Dans ce journal, on ne rencontre pas les mêmes personnages que dans <em>84</em>: c&#8217;est suite à la mort de l&#8217;interlocuteur principal d&#8217;Helene Hanff que ce livre a été publié et que le voyage à Londres a été organisé. Elle rencontre cependant sa veuve, des amis américains et des fans parfois assez peu orthodoxes: ils sont anglicans, c&#8217;est normal.</p>
<p>Ca ne m&#8217;a pas fait tordre de rire, ça n&#8217;a pas été écrit pour. Mais ça m&#8217;a amusée, intéressé, fait sourire, donné envie&#8230; Eh oui, moi aussi je suis bibliophile et anglomane (ou est-ce l&#8217;inverse?): les <a href="http://www.clochemerle.fr/2010/02/09/les-eplucheurs-de-patates/"><em>éplucheurs de patate</em></a> m&#8217;ont donné envie d&#8217;aller à Guernesey (quand je pense qu&#8217;il y a quelques années, avec une de mes amies, on a essayé deux fois de se planifier un voyage là-bas&#8230; sans succès!) ; la <em>duchesse</em>, elle, me redonne envie de voir Londres, et ce pendant plus d&#8217;une semaine&#8230; En plus, je trouve plein de bonnes adresses sur Londres depuis l&#8217;an passé! Et puis je voudrais visiter l&#8217;Ecosse et l&#8217;Irlande et retourner à Barcelone (pas de rapport, non)&#8230;<br />
Mais bref, passons, là n&#8217;est pas le sujet. Lisez-le, c&#8217;est pas si long et c&#8217;est bien sympa!</p>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Helene Hanff, <em>La duchesse de Bloomsbury Street</em><br />
Première publication en anglais en 1973</div></p>
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		<title>Les éplucheurs de patates</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 15:59:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Il y a quelques semaines, ma mère (oui, encore elle!) avait emprunté le Cercle littéraire des amateurs d&#8217;épluchures de patates à la bibliothèque. Après l&#8217;avoir lu, elle m&#8217;en a un peu causé. Au vu de ma réaction, elle me l&#8217;a gardé au chaud: ça tombait bien, j&#8217;arrivais quelques jours plus tard! Elle n&#8217;a pas eu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Il y a quelques semaines, ma mère (oui, encore elle!) avait emprunté le <em>Cercle littéraire des amateurs d&#8217;épluchures de patates</em> à la bibliothèque. Après l&#8217;avoir lu, elle m&#8217;en a un peu causé. Au vu de ma réaction, elle me l&#8217;a gardé au chaud: ça tombait bien, j&#8217;arrivais quelques jours plus tard! Elle n&#8217;a pas eu d&#8217;amende par ma faute, ouf.<br />
Bref, sitôt arrivée, des épluchures de patates au menu! (bon d&#8217;abord j&#8217;ai mangé chinois)(non, pas de rapport)</p>
<p>Je ne l&#8217;avais pas lu plus tôt, légèrement refroidie par les avis divergents: soit on adorait, soit on détestait, semblait-il. Et je n&#8217;aime pas trop détester les livres, alors ça m&#8217;a un peu inquiétée&#8230; Mais ce n&#8217;était pas la peine d&#8217;en faire tant de cas. C&#8217;est un bon livre, agréable et plein d&#8217;humour mais aussi de gravité. Bien sûr, certaines cordes sont un peu trop visibles, surtout à la fin, mais l&#8217;ensemble est bien attachant!</p>
<blockquote><p>Charles Lamb m&#8217;a fait rire pendant l&#8217;Occupation, surtout son passage sur le cochon rôti. Le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey est né à cause d&#8217;un cochon rôti que nous avons dû cacher aux soldats allemands &#8211; raison pour laquelle je me sens une affinité particulière avec Mr. Lamb.</p></blockquote>
<p>Mais ça parle de quoi? Du Cercle littéraire des amateurs d&#8217;épluchures de patates de Guernesey, bien sûr, mais aussi d&#8217;une femme écrivain qui commence à être reconnue en Angleterre pour ses chroniques de la vie londonienne sous les bombes, de ses amis, de la vie à Londres après la seconde Guerre mondiale, mais surtout de la vie sur l&#8217;île de Guernesey pendant ladite guerre. Et tout cela est raconté sous forme de lettres des uns aux autres. On finit par les découvrir petit à petit, à apprécier ou détester certains personnages, à s&#8217;émouvoir sur leurs vécus&#8230;</p>
<p>je vous ai déjà donné un extrait très court plus haut, en voici un autre pour finir de vous allécher:</p>
<blockquote><p>Merci d&#8217;avoir suivi la trace de Markham V. Reynolds Jr. Jusqu&#8217;ici, ses flatteries sont exclusivement florales, et je vous demeure fidèle à toi et à l&#8217;Empire. Néanmoins, j&#8217;éprouve de la compassion pour ta secrétaire. Je ne suis pas certaine que mes scrupules sauraient résister à la vue de chaussures cousues main. J&#8217;espère qu&#8217;il lui a envoyé des roses pour sa peine. Si je le rencontre un jour, je prendrai soin de ne pas regarder ses pieds, ou je m&#8217;attacherai à un mât avant d&#8217;y jeter un petit coup d&#8217;oeil, comme Ulysse.<br />
Sois béni de m&#8217;avoir demandé de rentrer. Je suis impatiente d&#8217;en apprendre davantage sur la proposition du Times. Peux-tu me jurer sur la tête de Sophie qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un sujet frivole? Ils ne vont pas me demander d&#8217;écrire la louange de la duchesse de Windsor, dis?</p>
<p>Affectueusement,<br />
Juliet</p></blockquote>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Mary-Ann Shaffer et Annie Barrows, <em>Le Cercle littéraire des amateurs d&#8217;épluchures de patates</em><br />
publié pour la première fois en 2008.</div>
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		<title>L&#8217;art du roman</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 23:40:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Parlons livres]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>On va un peu lâcher les Jane Austen avant que ça ne devienne complètement pathologique pour parler de deux ou trois autres bouquins. Celui du jour, c&#8217;est d&#8217;une écrivaine dont j&#8217;ai déjà beaucoup parlé ici (et pourtant y a pas de challenge à relever): Virginia Woolf. Si j&#8217;ai du mal à comprendre ses romans et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>On va un peu lâcher les Jane Austen avant que ça ne devienne complètement pathologique pour parler de deux ou trois autres bouquins. Celui du jour, c&#8217;est d&#8217;une écrivaine dont j&#8217;ai déjà beaucoup parlé ici (et pourtant y a pas de challenge à relever): Virginia Woolf.</p>
<p>Si j&#8217;ai du mal à comprendre ses romans et parfois à les aimer (j&#8217;ai encore en tête l&#8217;échec des <a href="http://www.clochemerle.fr/2009/02/15/madame-bovary-assassinee/">Vagues</a>&#8230;), s&#8217;il me faut me concentrer pour suivre le fil de sa pensée toujours en mouvement, ce n&#8217;est pas le cas de ses livres sur la lecture, l&#8217;écriture ou le féminisme. J&#8217;ai dévoré et adoré <em>Une chambre à soi</em> et <em>Trois guinées</em> ; il était donc attendu que <em>L&#8217;art du roman</em> soit au menu&#8230;</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2010/01/woolf-335x500.jpg" alt="" title="woolf" width="335" height="500" class="alignnone size-medium wp-image-2442" /></p>
<p>Là encore, c&#8217;est un recueil d&#8217;articles et de conférences réalisés par M&#8217;dame Woolf. En vrac, on peut lire ses méditations sur &laquo;&nbsp;ce qui frappe un contemporain&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le roman moderne&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;les femmes et le roman&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;comment lire un livre&nbsp;&raquo; et d&#8217;autres encore. Pas d&#8217;ordre, si ce n&#8217;est celui qu&#8217;on veut! Ces articles, ces conférences, sont autant de perles à enfiler l&#8217;une après l&#8217;autre.<br />
Chacune de ces perles est l&#8217;occasion d&#8217;une rencontre avec elle. Elle s&#8217;adresse à nous lecteur, comme en tête à tête, pour nous faire partager sa passion de la lecture, ses impressions de tel ou tel roman, mais aussi de la littérature de son temps. Ses outils? Les livres qu&#8217;elle lit, les auteurs qu&#8217;elle aime, ainsi que de jolies métaphores, un grain d&#8217;humour, un zeste d&#8217;érudition et parfois des interrogations personnelles sur la traduction ou la place des femmes écrivains.</p>
<p>Pour la route, je vous offre deux extraits. Le premier à propos du choix du roman par les femmes écrivains, et le second à propos de l&#8217;inspiration du poète en 1931. Enjoy&#8230;</p>
<blockquote><p>Le roman était, comme il l’est toujours, ce qu’il y avait de plus facile à écrire pour une femme. Et il n’est pas difficile d’en trouver la raison. Le roman est la forme d’art qui exige le moins de concentration. Un roman peut être pris ou laissé plus aisément qu’une pièce de théâtre ou un poème. George Eliot abandonnait son travail pour soigner son père. Charlotte Brontë posait sa plume pour enlever les yeux des pommes de terre. D’autre part, vivant dans la salle commune, entourée de gens, une femme était exercée à l&#8217;observation et à l’analyse des caractères. Elle était préparée à être une romancière, non un poète.<br />
<strong>&#8212; Les femmes et le roman</strong></p></blockquote>
<blockquote><p>Bien que vous soyez seul, bien que vous ayez enlevé un soulier et vous apprêtiez à délacer l&#8217;autre, vous ne pouvez pas continuer à vous déshabiller, il vous faut immédiatement écrire, à l&#8217;incitation de la danse. Vous saisissez plume et papier, vous prenez à peine le soin de bien tenir l&#8217;une et de mettre l&#8217;autre droit. Et tandis que vous écrivez, tandis que vous captez les premières mesures de la danse, je me retire un peu et je regarde par la fenêtre. Une femme passe, puis un homme ; une auto freine et puis&#8230; mais il n&#8217;est pas besoin de dire ce que je vois par la fenêtre, et d&#8217;ailleurs je n&#8217;en ai pas le temps car je suis soudain tirée de mon poste d&#8217;observation par un cri de rage ou de désespoir. Votre feuille est roulée en boule, votre plume se tient toute droite par la pointe sur le tapis. S&#8217;il y avait un chat à lancer ou une épouse à tuer, ce serait le moment. C&#8217;est du moins ce que j&#8217;induis de la férocité de votre expressions. Vous êtes bouleversé, écorché, complètement furieux. Et s&#8217;il me faut en deviner la raison, je dirai que le rythme qui battait en vous avec une force qui vous faisait vibrer de la tête aux talons a rencontré quelque objet dur et hostile sur lequel il s&#8217;est brisé en morceaux. Quelque chose s&#8217;y est introduit qui ne peut pas être réduit en poésie ; [...]<br />
<strong>&#8212; Lettre à un jeune poète</strong></p></blockquote>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Virginia Woolf, <em>L&#8217;art du roman</em><br />
Articles publiés pour la première fois entre 1910 et 1940<br />
Recueil publié en français pour la première fois en 1979.</div>
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		<title>Miss Watson et ses soeurs</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 21:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Challenge Jane Austen 2009]]></category>
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		<category><![CDATA[C'est parti pour le challenge!]]></category>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Il reste plus que trois ou quatre mois avant la fin du challenge Jane Austen et donc la fin de mon obsession dangereuse (du moins dangereuse du point de vue du cher et tendre). J&#8217;ai lu ou relu tous ses romans majeurs (même si je les ai pas encore tous commenté, hum), lu une biographie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Il reste plus que trois ou quatre mois avant la fin du challenge Jane Austen et donc la fin de mon obsession dangereuse (du moins dangereuse du point de vue du <a href="http://www.sirtin.fr">cher et tendre</a>). J&#8217;ai lu ou relu tous ses romans majeurs (même si je les ai pas encore tous commenté, hum), lu une biographie très sympa dont je parlerai bientôt et vu des adaptations diverses; il ne me restait donc plus que les romans mineurs ou inachevés. Là dedans, il y a les <em>Juvenilia</em>, ces travaux de jeunesse que j&#8217;ai lu y a longtemps, <em>Lady Susan</em> <a href="http://www.clochemerle.fr/2009/04/02/lady-susan/">que j&#8217;ai déjà critiqué</a>, et enfin <em>Sanditon</em> et <em>Les Watson</em>.</p>
<p><em>Les Watson</em>, c&#8217;est un roman que Miss Jane a commencé à nous pondre pendant ses années de vie à Bath, cette ville d&#8217;eaux branchée qu&#8217;elle détestait. On nous y cause d&#8217;Emma Watson qui revient dans sa famille après avoir été éduquée pendant dix ans par sa tante. Elle ne les connait plus, et pourtant ces trois soeurs hautes en couleur et célibataires, ce frère près de ses sous et ce père malade, c&#8217;est sa famille. Elle doit donc se remettre dans le moule, malgré son éducation plus raffinée. On la suit dans sa découverte de ce village et de ce milieu qui lui sont peu familiers.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ebookstore.sony.com/ebook/jane-austen/lady-susan-the-watsons-sanditon/_/R-400000000000000124057"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/12/watsons.jpg" alt="watsons" title="watsons" width="375" height="500" class="alignnone size-full wp-image-2313" /></a></p>
<p>Je pense qu&#8217;on peut deviner assez aisément ce qu&#8217;aurait pu devenir ce roman si Jane Austen avait jugé bon de le terminer, surtout en le comparant avec ses six romans majeurs. En effet, on a tous les éléments qui marchent: une jeune fille exilée, orpheline et pauvre, mais quasi parfaite (quasi seulement hein) avec une famille difficile et un entourage éclectique composé de gens respectables, de pestes, de séducteurs etc. Un bon mélange de <em>Mansfield Park</em> et d&#8217;<em>Emma</em> qui naîtront bien plus tard!<br />
Mais j&#8217;ai mis du temps à entrer dans l&#8217;histoire et je crois que c&#8217;est à cause de la traduction qui m&#8217;a semblé un peu plate. Je pense que ça aurait pourtant pu devenir quelque chose de bien sympa: la scène du bal qui occupe la majeure partie de ce morceau est originale et j&#8217;ai beaucoup aimé sa description des événements de la nuitée! Snif donc, on n&#8217;en saura pas la suite&#8230;</p>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Jane Austen, <i>Les Watson</i><br />
Rédigé dans les années 1800-1810 et publié après le décès de l&#8217;auteure</div>
<p><a href="http://happyfew.hautetfort.com/challenge-jane-austen-2009/"><center><img src="http://happyfew.hautetfort.com/media/01/01/1818187350.jpg"/></center></a></p>
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		<title>La Variété Andromède</title>
		<link>http://www.clochemerle.fr/2009/11/27/la-variete-andromede/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 18:16:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Ces dernières semaines, j&#8217;ai délaissé un tantinet le tricot pour vider ma PAL (Pile A Lire) qui était jusque là bien négligée. Du coup j&#8217;ai pas mal de retard dans mes critiques de bouquins ici (en plus, j&#8217;en avais déjà un paquet à commenter &#8211; ahem). La guerre aux critiques est donc déclarée: préparez-vous à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Ces dernières semaines, j&#8217;ai délaissé un tantinet le tricot pour vider ma PAL (Pile A Lire) qui était jusque là bien négligée. Du coup j&#8217;ai pas mal de retard dans mes critiques de bouquins ici (en plus, j&#8217;en avais déjà un paquet à commenter &#8211; ahem). La guerre aux critiques est donc déclarée: préparez-vous à une attaque en règle&#8230; Mais comme toutes les attaques, les assauts seront nombreux, mais brefs!</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/11/andromede-305x500.jpg" alt="andromede" title="andromede" width="305" height="500" class="alignnone size-medium wp-image-2269" /></p>
<p>Le premier bouquin que je vous balance en travers de la tronche, vous venez d&#8217;en voir la couverture. C&#8217;est <em>Variété Andromède</em>, un roman assez spécial de Michael Crichton.<br />
L&#8217;histoire, la voici: dans les années 60, un satellite est tombé dans le désert de l&#8217;Arizona, près de la petite bourgade de Piedmont qui héberge 48 âmes. Une équipe scientifique chargée de la gestion des satellites vient le récupérer discrètement. Elle meurt d&#8217;un mal inconnu, comme tous les habitants du village. Tous? Non, il y a deux survivants: un vieil homme et un bébé de deux mois. Quatre savants blottis dans un bunker vont tenter de trouver quel organisme ou bactérieuse extraterrestre est à l&#8217;origine de ce drame. Ils n&#8217;ont que peu de temps, cette &laquo;&nbsp;variété Andromède&nbsp;&raquo; pourrait décimer la planète&#8230;</p>
<p><a href="http://www.sirtin.fr">Sirtin </a>me conseillait ce bouquin et je lui ai obéi docilement. Ce que je retire de cette lecture, c&#8217;est qu&#8217;il est fan de science-fiction (mais je le savais déjà et vous aussi avec son <a href="http://www.sirtin.fr/2009/11/27/sur-les-anneaux-de-saturne-jecris-ton-nom/">dernier article sur Saturne</a>), de science (logique pour un scientifique) et de thriller (ça j&#8217;aime bien aussi).<br />
Mais y a pas que ça! C&#8217;était un roman assez original dans le sens où les extra-terrestres ne sont pas des p&#8217;tits mecs en combi verte, mais des micro-organismes quasi imperceptibles. L&#8217;intrigue se développe doucement mais sûrement, finissant pas vous prendre aux tripes, même si on se doute plus ou moins de la fin. Un des tours de force de Mike Crichton, c&#8217;est de nous faire vraiment croire à l&#8217;histoire (je me suis même demandé de quel fait divers il s&#8217;était inspiré, si on pouvait trouver des brochures sur l&#8217;affaire) tant par son style que par l&#8217;intégration d&#8217;éléments technologiques existants dont il donne quelques exemples graphiques. Par exemple, on peut lire des communications par ordinateur tel que ça se faisait à l&#8217;époque, on peut aussi avoir des explications scientifiques à l&#8217;aide de graphes (auxquels je ne comprenais rien mais qui se tiennent d&#8217;après Sirtin).</p>
<p>J&#8217;ai aimé, mais pas adoré, et je crois que c&#8217;est en partie à cause des analyses scientifiques qui complètent l&#8217;atmosphère du livre mais le rendent également abscons par endroits&#8230; Pour moi, ça a donc été une découverte sympa et plutôt farfelue (j&#8217;aime bien le robot médecin), mais pas inoubliable. Peut-être que pour vous, ce sera différent?</p>
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		<title>Des pièges dans le tableau</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 08:54:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Pérec]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Quand donc ai-je parlé ici d&#8217;un livre? Quoi, le 19 septembre! C&#8217;était il y a déjà si longtemps? Allez, je m&#8217;empresse de vous causer d&#8217;un autre ouvrage, sans pour autant en être satisfaite. C&#8217;est qu&#8217;il était si petit, si court et qu&#8217;au final, il n&#8217;y a pas tant à dire dessus. Mais j&#8217;ai pour excuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Quand donc ai-je parlé ici d&#8217;un livre? Quoi, le <a href="http://www.clochemerle.fr/2009/09/19/the-lady-in-white/">19 septembre</a>! C&#8217;était il y a déjà si longtemps? Allez, je m&#8217;empresse de vous causer d&#8217;un autre ouvrage, sans pour autant en être satisfaite. C&#8217;est qu&#8217;il était si petit, si court et qu&#8217;au final, il n&#8217;y a pas tant à dire dessus. Mais j&#8217;ai pour excuse le tricotreize de ce mois-ci ainsi que le <em>it-shawl</em> qui m&#8217;ont pris du temps, ainsi que la rentrée elle-même. Ca suffit, non?</p>
<p>Mais passons. J&#8217;ai lu cette semaine un écrit de Georges Pérec. Oui, un autre au compteur! C&#8217;était <u>un Cabinet d&#8217;Amateur</u>, qui imite la prose des textes d&#8217;histoire de l&#8217;art, en étudiant la collection de tableaux d&#8217;un riche Américain d&#8217;origine allemande qui souhaite devenir le plus grand collectionneur des Etats-Unis. On nous décrit donc une exposition présentant ses tableaux, l&#8217;histoire du collectionneur, et ainsi de suite, en portant une attention toute particulière au &laquo;&nbsp;clou&nbsp;&raquo; de sa collection, un tableau qui le représente dans sa galerie face à ses tableaux préférés accumulés sur les murs comme dans un cabinet d&#8217;amateur.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/10/cabinet.gif" alt="cabinet" title="cabinet"  height="500" /></p>
<p>Ce tableau est très particulier et donne toute sa saveur à la nouvelle: il est lui-même présent parmi les tableaux du collectionneur, et ainsi de suite. Les tableaux représentés dans le tableau sont alors re-représentés dans la représentation dudit tableau, etc. C&#8217;est sans fin. Mais ça ne s&#8217;arrête pas là&#8230; A chaque représentation des tableaux déjà représentés, on trouve des altérations: des personnages apparaissent ou disparaissent, des objets changent! Ce détail poussé à l&#8217;extrême attise la curiosité des visiteurs, jusqu&#8217;à l&#8217;hystérie. On ne parle plus que de ce tableau, on essaie de recenser tous les tableaux peints, toutes les modifications et de les analyser pour comprendre la virtuosité du peintre et le but de cette fantaisie.</p>
<p>Si le roman ne parlait que de cela, il ne serait pas très intéressant malgré l&#8217;originalité de l&#8217;idée. Le style à demi universitaire, l&#8217;accumulation de noms et de titres d&#8217;oeuvres, les mille et mille anecdotes, tout cela étourdit le lecteur. Mais s&#8217;il est un tant soit peu intéressé par l&#8217;art, et plus particulièrement l&#8217;histoire de l&#8217;art, il remarquera que certaines choses clochent: un artiste inconnu au bataillon présenté comme célébrissime, une oeuvre rattachée à un autre artiste que celui qu&#8217;on connaît&#8230; Pérec a balancé pas mal de pièges dans le <u>Cabinet d&#8217;amateur</u>! Mais le piège ultime, lui, je ne le dis pas&#8230; Lisez le bouquin, il ne fait que 80 pages.</p>
<p>Au final, c&#8217;était une nouvelle plutôt amusante pour les connaisseurs, mais qui ne laisse comme souvenir que celui de sa complexité et de sa viciosité (ça existe, ce mot-là?). Il ne m&#8217;a pas été jouissif, simplement agréable: le seul moment où j&#8217;ai vraiment souri, c&#8217;est aux deux derniers paragraphes. En bref: si vous êtes amateur d&#8217;art, ça vous plaira peut-être ; si vous ne l&#8217;êtes pas, il y a de forts risques que ça vous endorme.</p>
<blockquote><p>Personne ne sembla jamais se lasser de comparer les originaux et les réductions de plus en plus petites d&#8217;Heinrich Kürz. Très vite on s&#8217;amusa à calculer que le format de la toile était d&#8217;un peu moins de trois mètres sur un peu plus de deux, que le premier &laquo;&nbsp;tableau dans le tableau&nbsp;&raquo; avait encore près d&#8217;un mètre sur soixante-dix centimètres de haut, que le troisième ne faisait plus que onze centimètres sur huit, que le cinquième n&#8217;avait même pas le format d&#8217;un timbre-poste, et que le sixième faisait à peine cinq millimètres sur trois. Et le lendemain du jour où un quidam, qui s&#8217;était muni d&#8217;une loupe de bijoutier et s&#8217;était fait faire la courte échelle par deux compères, affirma qu&#8217;on y distinguait très précisément l&#8217;homme assis, le chevalet avec le portrait de l&#8217;homme tatoué, et encore une fois le tableau avec encore une fois l&#8217;homme assis et encore une dernière fois le tableau devenu un mince trait d&#8217;un demi-millimètre de long, plusieurs dizaines de visiteurs arrivèrent avec toutes sortes de loupes et de compte-fils, inaugurant une mode qui, pendant plusieurs mois, fit la fortune de tous les marchands d&#8217;optique de la ville.</p></blockquote>
<div class="ref">Georges Pérec, <em>Un cabinet d&#8217;amateur</em><br />
Première publication en 1979 par les Editions Balland</div>
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		<title>The Lady in White</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 13:18:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Au 19e siècle j'aurais aimé vivre]]></category>
		<category><![CDATA[Britain at heart]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>
		<category><![CDATA[Victorian pages]]></category>
		<category><![CDATA[William Wilkie Collins]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Sautillant de blog en blog en mai, je découvris par hasard un collectif de défense et de promotion des auteurs morts qui n&#8217;avaient pas la télé. Curieuse et soutenant ardemment leur cause (y a qu&#8217;à voir ici le nombre de critiques sur des textes d&#8217;auteurs couiqués de longue date), j&#8217;ai lu quelques articles avant de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Sautillant de blog en blog en mai, je découvris par hasard un <a href="http://classiques.bibliofolie.com/">collectif de défense et de promotion des auteurs morts qui n&#8217;avaient pas la télé</a>. Curieuse et soutenant ardemment leur cause (y a qu&#8217;à voir ici le nombre de critiques sur des textes d&#8217;auteurs couiqués de longue date), j&#8217;ai lu quelques articles avant de tomber sur <a href="http://classiques.bibliofolie.com/la-dame-en-blanc/">une critique encensant la Dame en Blanc</a>, de Wilkie Collins, apparemment un précurseur du roman policier.<br />
Quelque temps plus tard, me promenant dans un lieu de perdition (je parle des librairies, ne vous emballez pas), je tombais en arrêt devant une femme toute d&#8217;albe vêtue, penchée de façon à faire admirer le tour charmant de son cou. Bien sûr, elle n&#8217;était pas habillée à la dernière mode, mais c&#8217;était un Libretto! Le <a href="http://www.clochemerle.fr/tag/dans-les-pays-de-lest/">voyage à l&#8217;Est </a>approchant, il me fallait de la lecture: son histoire m&#8217;attira donc. Et hop, la dame en blanc sous le bras, je filais chez moi faire mes sacs.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.li-an.fr/blog/wp-content/uploads/2005/02/dame-en-blanc.jpg" /></p>
<p>Hélas, le pavé victorien ne fit pas long feu: il fut dévoré les trois premiers jours du voyage. J&#8217;ai suivi (que dis-je, poursuivi) le jeune Walter Hartright lors de son séjour dans le Cumberland où il enseigna le dessin à deux jeunes filles de bonne famille et où, bien entendu, il tomba amoureux de la jolie héritière, Laura, avant de découvrir qu&#8217;elle est déjà fiancée à un baronnet et donc de s&#8217;enfuir à l&#8217;étranger pour l&#8217;oublier. Mais une dame en blanc rôde et annonce un malheur à venir pour miss Laura&#8230;<br />
Le lecteur a ici une série de témoignages d&#8217;origine et de forme diverse (le notaire, le tuteur, la soeur de la victime, à travers compte-rendus, journaux intimes, lettres, etc.) pour juger des faits qui suivirent. Il connaît dès le début la victime et le bourreau, mais la tâche qui lui incombe est de comprendre comment le crime a pu se faire, en analysant les événements AVANT et APRES l&#8217;acte (qui arrive assez tard dans le récit, autant vous prévenir).</p>
<p>Avec la Dame en Blanc, le p&#8217;tit Willy Wilkie Collins a pondu un roman à suspense assez sympa sans être exceptionnel. On retrouve tous les &laquo;&nbsp;trucs&nbsp;&raquo;: les personnages hauts en couleur, les rebondissements à répétition -parfois un peu farfelus-, les lieux chargés d&#8217;histoire, l&#8217;ambiance gothique à souhait, les discussions pleines de sous-entendus, le mystère&#8230; C&#8217;est moins l&#8217;histoire que les personnages et leurs échanges qui m&#8217;ont plu: le comte Fosco est jouissif par sa bonhommie doublée de machiavélisme, jouant avec ses souris tout en manipulant son monde, la soeur de Laura, Marian, est attachante par sa tchatche, son humour et son courage, etc.<br />
Cependant, deux éléments m&#8217;ont un peu agacée&#8230; D&#8217;une part, les amoureux attitrés du roman, Walter Hartright et Laura, sont fades car se positionnant toujours en victimes du sort à la Roméo et Juliette (déjà que ceux-là sont chiants chez Shakespeare). Ne leur portez pas attention, préférez les personnages secondaires qui heureusement prennent une grande part du récit. D&#8217;autre part, la question du rôle homme/femme revenait perpétuellement, plutôt lourdement: les femmes se doivent d&#8217;être des pleureuses faiblardes et sans défense tandis que les hommes sont fiers et impétueux. Heureusement que Marian est là pour porter le caleçon et sauver la situation! En cela, je dirais que le roman a plutôt mal vieilli, puisque je suppose que ces remarques sont liées à la mentalité de l&#8217;époque&#8230;</p>
<p>M&#8217;enfin, faut pas oublier que, publiée en 1857, la Dame en blanc est quand même un des premiers thrillers. Et ces romans-là, même si ce ne sont pas forcément des chefs d&#8217;oeuvre, sont toujours agréables à lire, surtout l&#8217;été! Et j&#8217;ai en plus pu retrouver l&#8217;ambiance XIXème siècle que j&#8217;affectionne ces temps-ci.<br />
Si vous voulez avoir d&#8217;autres critiques sur ce bouquin, vous pouvez aussi passer chez <a href="http://www.myloubook.com/archive/2009/01/08/wilkie-collins-la-dame-en-blanc.html">Miss Lou</a>, ou encore voir la galerie de portraits faite par <a href="http://lecturesdejulien.over-blog.com/article-25497150.html">Julien</a>. Bonne balade!</p>
<div class="ref">William Wilkie Collins, <i>La Dame en Blanc</i><br />
Publié pour la première fois en 1857 sous le titre <i>The lady in White</i></div>
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		<title>Le jeu des hirondelles</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 11:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Bandes dessinées & romans graphiques]]></category>
		<category><![CDATA[La ville en mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Voyant que je bavais -plus ou moins discrètement- devant cet ouvrage, le cher et tendre me l&#8217;a offert, et je l&#8217;en remercie chaudement. Et hop, un superbe roman graphique de plus dans ma bibliothèque ! Et hop, une bande dessinée à ne pas rater si vous ne connaissez pas! L&#8217;histoire de Mourir partir revenir: le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Voyant que je bavais -plus ou moins discrètement- devant cet ouvrage, le <a href="http://www.sirtin.fr">cher et tendre</a> me l&#8217;a offert, et je l&#8217;en remercie chaudement. Et hop, un superbe roman graphique de plus dans ma bibliothèque ! Et hop, une bande dessinée à ne pas rater si vous ne connaissez pas!</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/08/Mourir-partir-revenir-331x500.gif" alt="Mourir partir revenir" title="Mourir partir revenir" width="331" height="500" class="alignnone size-medium wp-image-1640" /></p>
<p>L&#8217;histoire de <em>Mourir partir revenir: le jeu des hirondelles</em>? Il faut remonter de quelques années dans la vie de l&#8217;auteure, Zeina Abirached. En 1984, à Beyrouth, au Liban, la guerre fait rage ; les habitants sont reclus chez eux et ne peuvent se déplacer qu&#8217;au prix d&#8217;une chorégraphie périlleuse pour éviter les francs-tireurs. Nous sommes dans un immeuble à l&#8217;est de la ville, près de la ligne de démarcation, en train d&#8217;observer deux enfants, une fillette et son petit frère, seuls dans leur appartement. Leurs parents sont partis voir leur grands-parents et s&#8217;y trouvent coincés&#8230; Heureusement, les voisins sont là.</p>
<p>Pour raconter la guerre, il n&#8217;est pas forcément nécessaire de dresser une carte géopolitique et d&#8217;expliquer les tenants et les aboutissants de la chose ; un &laquo;&nbsp;simple&nbsp;&raquo; huis-clos peut en dire bien plus, surtout sur ce que vivent et ce que ressentent les gens coincés au milieu de cette querelle trop grande pour eux. Les enfants sont insouciants, semble-t-il ; les parents s&#8217;inquiètent ; les voisins se soutiennent&#8230; Certains sont persuadés que ça va vite finir ; d&#8217;autres qu&#8217;ils sont <em>&laquo;&nbsp;quand même, peut-être, plus ou moins en sécurité, ici&nbsp;&raquo;</em>.<br />
Pour raconter une histoire, il n&#8217;est pas forcément nécessaire d&#8217;utiliser un langage très simple ou très soutenu, ni même un dessin très détaillé. Des formes simplifiées, du noir et blanc, un agencement très graphique peuvent être tout aussi percutants&#8230;  C&#8217;est d&#8217;ailleurs ça qui m&#8217;avait attirée au début.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/08/MPR-500x361.jpg" alt="MPR" title="MPR" width="500" height="361" class="alignnone size-medium wp-image-1642" /></p>
<p>La remarque qui revient le plus souvent à propos de <em>Mourir partir revenir</em>, c&#8217;est: <em>&laquo;&nbsp;Tiens, on dirait du Marjane Satrapi!&nbsp;&raquo;</em> C&#8217;est vrai, je l&#8217;avoue, j&#8217;ai pensé la même chose au début&#8230; Faut dire qu&#8217;il y a beaucoup de points communs: deux petites filles qui racontent la guerre telle qu&#8217;elle l&#8217;ont connue, l&#8217;une en Iran et l&#8217;autre au Liban, avant de s&#8217;expatrier ; deux dessinatrices vivant en France qui ont un style épuré très graphique&#8230; Mais là où l&#8217;une comprenait ce qui se passait grâce aux explications de sa famille très informée, l&#8217;autre semble insouciante et ignorante du conflit au dehors ; là où l&#8217;une trace des lignes noires sur la feuille blanche, la seconde noircit les pages et les blanchit ensuite de lignes. Tout cela donne des atmosphères différentes et des récits de vie différents.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/08/MPR-ernest.jpg" alt="MPR-ernest" title="MPR-ernest" width="337" height="500" class="alignnone size-full wp-image-1643" /></p>
<p>En recherchant des infos sur Zeina Abirached, j&#8217;apprends que ce n&#8217;est pas son premier livre, mais son troisième (sur quatre, à ce jour). Je découvre aussi que deux de ses ouvrages ont une inspiration quelque peu <a href="http://www.clochemerle.fr/tag/georges-perec/">pérecquienne</a> (involontairement dans le premier -elle ne connaissait pas Pérec à l&#8217;époque-, puis sous forme d&#8217;hommage dans le second)&#8230; Un argument de plus pour que je déniche ses autres livres!<br />
Déjà que l&#8217;amour de la langue transparaissait bien dans ce roman graphique-là, avec le professeur de français Ernest Challita (ci-dessus)&#8230; Ne ratez absolument pas la partie sur les nez!</p>
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		<title>Le portrait de Betty</title>
		<link>http://www.clochemerle.fr/2009/08/18/le-portrait-de-betty/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 04:03:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ingres]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Assouline]]></category>
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		<category><![CDATA[Victorian pages]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Ca fait déjà un moment que j&#8217;ai lu le Portrait écrit par Pierre Assouline, alléchée par les louanges qui fusaient de toutes parts à son sujet. Mais je reste encore un peu perplexe sur ce roman-là, ne sachant trop quoi en penser: me joindre aux louanges? non, vraiment ; le descendre en flammes? non plus. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Ca fait déjà un moment que j&#8217;ai lu le <em>Portrait</em> écrit par Pierre Assouline, alléchée par les louanges qui fusaient de toutes parts à son sujet. Mais je reste encore un peu perplexe sur ce roman-là, ne sachant trop quoi en penser: me joindre aux louanges? non, vraiment ; le descendre en flammes? non plus.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/08/portrait-301x500.jpg" alt="portrait" title="portrait" width="301" height="500" class="alignnone size-medium wp-image-1709" /></p>
<p>Le <em>Portrait</em> part d&#8217;une idée originale: il imagine qu&#8217;après sa mort, l&#8217;âme de Betty de Rothschild intègre le portrait qui fut fait d&#8217;elle par Ingres et qu&#8217;elle &laquo;&nbsp;vit&nbsp;&raquo; indéfiniment dans la toile. On lit donc les méditations du portrait de Betty de Rothschild, depuis la mort de son sujet à nos jours en passant par la Seconde Guerre Mondiale. Il y a du Harry Potter dans ce concept-là, non?<br />
Pour ce projet fort ambitieux, Pierre Assouline s&#8217;est bien démené: beaucoup  de documentation, une belle plume avec quelques coups d&#8217;éclat. C&#8217;est une lecture agréable et qui ne s&#8217;éloigne pas trop de ce que fut l&#8217;histoire du tableau et de la famille Rothschild. Mais&#8230; Mais&#8230; le <em>Portrait</em> ne m&#8217;a pas semblé inoubliable. Il faut bien plus qu&#8217;un beau style pour accrocher, et ça, ça manque cruellement. Du coup, je me suis parfois ennuyée à le lire. D&#8217;ailleurs, je ne me rappelle déjà plus de la fin, deux semaines après lecture!</p>
<p>Si je devais résumer mon impression de ce livre, je dirais qu&#8217;il a le même défaut, à mes yeux, que la plupart des tableaux d&#8217;Ingres (dont justement le Portrait de Betty de Rothschild): il est bien exécuté, très détaillé, mais trop lisse, trop régulier. De ce fait, il attire par sa splendeur, sa richesse, son éducation, mais ne marque pas émotionnellement comme le ferait un tableau de Toulouse-Lautrec ou de Manet. Toutefois, il y a quelques zones d&#8217;ombres qui intriguent et éveillent l&#8217;intérêt. Heureusement, car sinon j&#8217;aurai laissé tomber ce livre depuis longtemps! Il est par trop élogieux, trop respectueux des membres de la famille Rothschild, pas de remontrances, toujours des phrases du style <em>&laquo;&nbsp;la famille est soudée, la famille se soutient, la famille est parfaite, les autres se moquent de nous et nous, on reste dignes&nbsp;&raquo;</em>. Faut dire aussi qu&#8217;Assouline s&#8217;est beaucoup documenté et tout particulièrement auprès de ladite famille et dans ses archives&#8230; Pas de neutralité du coup, et ça se ressent.<br />
Ajoutons à cela une absence de caractère de la part de l&#8217;héroïne&#8230; Bien sûr, elle pleure, bien sûr elle est vexée, mais elle ne le montre jamais. Elle le dit, mais toujours d&#8217;un ton égal. Je n&#8217;arrivais donc pas à me sentir proche d&#8217;elle et de son histoire. Comme je disais plus haut: trop lisse.</p>
<p>On m&#8217;a dit que l&#8217;auteur est spécialisé dans les romans biographiques des grandes familles, de la mondanité et qu&#8217;en général c&#8217;est bien ficelé. Pour ma part, j&#8217;ai trouvé que ça manquait d&#8217;émotion pour un roman&#8230; Pas sûr que je lise un autre de ses livres. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai pour le moment pas très envie de vous en offrir un extrait&#8230; Peut-être changerai-je d&#8217;avis à mon retour, début septembre.</p>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Pierre Assouline, <em>Le Portrait</em><br />
Publié pour la première fois en 2007.</div>
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		<title>Orlando</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Aug 2009 13:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
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		<category><![CDATA[Victorian pages]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>En voilà un roman étrange! Pas seulement par son sujet -un jeune homme élizabéthain qui devient une femme du monde sous édouard, faut le faire-, mais aussi parce qu&#8217;il est assez différent stylistiquement des autres écrits de Virginia Woolf. Le sujet m&#8217;avait paru assez casse-gueule et j&#8217;ai donc lu ce livre prudemment, une page après [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>En voilà un roman étrange! Pas seulement par son sujet -un jeune homme élizabéthain qui devient une femme du monde sous édouard, faut le faire-, mais aussi parce qu&#8217;il est assez différent stylistiquement des autres écrits de Virginia Woolf. Le sujet m&#8217;avait paru assez casse-gueule et j&#8217;ai donc lu ce livre prudemment, une page après l&#8217;autre, avant de m&#8217;emballer et de tourner la dernière page en un éclair (de quelques heures, quand même). Ma première impression fut la suivante: ce roman me semble plus facile d&#8217;accès que d&#8217;autres Woolf, mais il n&#8217;en perd pas moins en complexité, loin de là.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/07/orlando-vintage.jpg" alt="orlando-vintage" title="orlando-vintage" width="321" height="497" class="alignnone size-full wp-image-1649" /></p>
<div class="origine">Mais pourquoi n&#8217;a-t-on pas d&#8217;aussi jolies couvertures en France?&#8230;<br />
(Moi j&#8217;ai eu <a href="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/07/orlando.jpg">cette couv&#8217; là</a> et elle vaut rien par rapport à celle de Vintage Classics ci-dessus, bouh)</div>
<p>On suit un jeune noble, Orlando, sous le règne d&#8217;Elizabeth I dans ses premiers pas à la Cour, ses premières amours déçues et ses aspirations littéraires. Jusque là, rien que de très normal, mais voilà que la Reine lui souhaitera de vivre jeune toujours. Et c&#8217;est ce qu&#8217;il fera : il traversera les siècles, voyageant et changeant de sexe et de statut sans sourciller. Il ira en Turquie et dans d&#8217;autres contrées ; il discutera avec les poètes de son temps ; il/elle réfléchira sur les rôles des hommes et des femmes ; il/elle écrira un roman-poème pendant cinq siècles avant de l&#8217;achever tout à fait ; il courtisera les dames et elle se fera courtiser ; etc, etc.</p>
<p>Il y a des airs de Candide dans <em>Orlando</em>, mais pas seulement. C&#8217;est un roman libérateur, un roman-jeu de piste où on peut retrouver un peu tous les styles littéraires, du XVIème siècle au XXème. Outre Candide et les contes moralisateurs du XVIIème, l&#8217;on trouvera, en vrac : des exagérations à outrance, des clins d&#8217;oeil à Lawrence Sterne et ses adresses au lecteur, de la satire, des parodies de poèmes élizabéthains, des appels à la Nature, des aventures amoureuses &laquo;&nbsp;un peu&nbsp;&raquo; compliquées&#8230; Si vous aimez les parodies, les pastiches et les romans farfelus (mais pas trop), ce livre est pour vous!</p>
<p>Je disais qu&#8217;au niveau du style, <em>Orlando</em> était assez différent des autres ouvrages de Virginia Woolf. Ce n&#8217;est pas faux, mais c&#8217;était volontaire : ce roman-là, elle ne l&#8217;a pas pris au sérieux et elle l&#8217;a écrit comme un jeu, en hommage à sa chère amie Vita Sackville-West (<a href="http://www.clochemerle.fr/2009/07/17/lair-vibrait-du-bruissement-des-abeilles/">dont j&#8217;ai un peu parlé ici</a>). D&#8217;ailleurs, le premier titre fut <em>Orlando-Vita</em>&#8230; Après publication, Mrs Woolf se sentait plus honteuse d&#8217;<em>Orlando</em> qu&#8217;autre chose et n&#8217;en redevint fière que face au succès retentissant du livre.<br />
Mais je m&#8217;éloigne de ce que je voulais dire&#8230; Style différent donc, mais par contre la démarche est sensiblement la même, peut-être même poussée plus avant! Il me semble que la &laquo;&nbsp;signature&nbsp;&raquo; de Woolf, c&#8217;est son intérêt pour la pensée fluctuante. Ici encore, elle tente de reproduire les mouvements entre action et méditation, entre vie extérieure et vie intérieure.</p>
<blockquote><p>Elle se rappela de ses exigences de jeune homme: une femme doit être docile, chaste, parfumée et mise à ravir. &laquo;&nbsp;Désormais je vais devoir payer de ma propre personne pour satisfaire ces exigence&nbsp;&raquo;, songea-t-elle, &laquo;&nbsp;car les femmes ne sont pas de manière innée (si j&#8217;en juge d&#8217;après ma courte expérience du beau sexe) dociles, chastes, parfumées et mises à ravir. Elles n&#8217;atteignent à ces grâces, qui sont pour elles l&#8217;unique clé ouvrant les joies de l&#8217;existence qu&#8217;en s&#8217;astreignant à la plus fastidieuse discipline. Il faut se faire coiffer&nbsp;&raquo;, songea-t-elle, &laquo;&nbsp;et, à elle seule, l&#8217;opération me prendra une heure tous les matins ; il faut se regarder dans la glace : encore une heure ; se corseter et se lacer ; se laver et se poudrer ; il faut quitter la soie pour la dentelle, et puis la dentelle pour le pou-de-soie ; il faut être chaste tous les jours de l&#8217;année&#8230;&nbsp;&raquo; A cette idée, elle agita le pied dans un mouvement d&#8217;humeur, ce qui eut pour effet de découvrir un tant soit peu son mollet. Un marin qui, du haut du mât, se trouvait à regarder dans cette direction, sursauta si violemment qu&#8217;il perdit pied et ne réussit à se sauver qu&#8217;à la dernière extrémité. &laquo;&nbsp;si la vue de mes chevilles signe l&#8217;arrêt de mort d&#8217;un brave type qui a sans doute femme et enfants, je me dois en toute humanité de les garder couvertes&nbsp;&raquo;, pensa Orlando.</p></blockquote>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Virginia Woolf, <em>Orlando</em><br />
Publié pour la première fois le 11 octobre 1928 par la Hogarth Press.</div>
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		<title>L&#8217;air vibrait du bruissement des abeilles</title>
		<link>http://www.clochemerle.fr/2009/07/17/lair-vibrait-du-bruissement-des-abeilles/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2009 13:06:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Britain at heart]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>
		<category><![CDATA[Victorian pages]]></category>
		<category><![CDATA[Vita Sackville-West]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Il y a quelques jours, j&#8217;ai fermé toute frémissante ce roman et son empreinte se fait encore sentir aujourd&#8217;hui. Décidément, en voilà un texte de toute beauté qui, je pense, demeurera dans mon panthéon! Merci donc à Miss Lou qui m&#8217;a bien alléchée avec sa critique et sans qui je serais passée à côté&#8230; Toute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Il y a quelques jours, j&#8217;ai fermé toute frémissante ce roman et son empreinte se fait encore sentir aujourd&#8217;hui. Décidément, en voilà un texte de toute beauté qui, je pense, demeurera dans mon panthéon! Merci donc à <a href="http://www.myloubook.com/archive/2009/05/17/toute-passion-abolie-vita-sackville-west.html">Miss Lou qui m&#8217;a bien alléchée avec sa critique</a> et sans qui je serais passée à côté&#8230;<br />
<em>Toute passion abolie</em> est le roman le plus connu de Vita Sackville-West, mais ce n&#8217;est pas le seul. Vu à quel point je l&#8217;ai aimé, je pense que j&#8217;irai jeter un oeil à ses autres ouvrages : poésie, nouvelles et romans, j&#8217;aurai du choix et c&#8217;est tant mieux!</p>
<p>Mais qui donc est cette Vita ?<br />
Victoria Mary Sackville-West, épouse Lady Nicolson, était une poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice et jardinière anglaise. Elle ne se sera pas ennuyée entre toutes ces activités, son jardin de Sissinghurst Castle, sa vie d&#8217;aristo très très exubérante, son mariage solide et ses amours saphiques (notamment avec d&#8217;autres auteurs anglaises telles que Violet Trefusis qui la poursuivit de ses ardeurs et&#8230; Virginia Woolf). Vita vivait à cent à l&#8217;heure si on peut dire, mais elle sut prendre son temps dans ses oeuvres.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/07/vita.jpg" alt="vita" title="vita" height="500" class="alignnone size-full wp-image-1567" /></p>
<p>Parlons maintenant de la Bête&#8230; De quoi ça parle ? D&#8217;une femme vieillissante parmi ses souvenirs, comme dans <a href="http://www.clochemerle.fr/2009/03/14/mrs-dalloway/"><em>Mrs Dalloway</em></a> et un peu <a href="http://www.clochemerle.fr/2008/12/05/cranford/"><em>Cranford</em></a> que j&#8217;affectionne.<br />
La différence ici est que cette femme, Lady Slane, semble au premier regard avoir toute sa vie derrière elle ; elle vient de surcroît de perdre son époux, âgé d&#8217;environ quatre-vingt-dix ans. On s&#8217;attendrait donc à la voir se laisser aller, <em>to fade away</em> comme ils diraient. Mais non, sur le déclin de ses jours, elle prend cette vie en main pour faire ce que bon lui semble, à la grande surprise de ses six enfants de soixante et quelques berges qui s&#8217;agitent comme des hannetons dans la course aux honneurs, engoncés dans les codes de leur société agonisante.</p>
<p>Nous avons là un portrait d&#8217;une infinie douceur, mais qui ne ménage personne, comme les anglais(es) savent si bien les faire. Cette vieille dame d&#8217;un grand âge fut l&#8217;épouse du Vice-roi des Indes, une grande Lady dans les cercles londoniens, mais n&#8217;aspire qu&#8217;à une chose : la paix, le calme, la tranquillité. Accompagnée de sa fidèle servante française, Genoux, Lady Slane s’installe donc dans une petite maison à Hampstead pour rêver doucement aux années révolues et laisser le temps s&#8217;écouler.<br />
Loin d&#8217;elle, ses enfants hypocrites et intéressés, ainsi que ses petits-enfants ; loin d&#8217;elle, la société et sa frénésie ; loin d&#8217;elle, les faux-semblants. Près d&#8217;elle, les vrais amis, tous très âgés et prévenants ; près d&#8217;elle, la mémoire qui flotte, fluctue ou s&#8217;évapore avant de revenir ; près d&#8217;elle, la liberté. Les uns sont dessinés à l&#8217;eau forte, à angles aigus  qui égratinent leurs traits et révèlent leurs vices ; les autres sont esquissés à l&#8217;aquarelle, dans des teintes vaporeuses et agréables.</p>
<p>Pour écrire un si beau portrait de femme vieillissante, Vita Sackville-West a vraiment dû aimer et être aimée en retour par les personnes âgées qu&#8217;elle connut.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/uploads/2009/07/TPA-sackvill-307x500.jpg" alt="TPA-sackvill" title="TPA-sackvill" width="307" height="500" class="alignnone size-medium wp-image-1629" /></p>
<p>Au milieu de toutes ces gens, Lady Slane ressemble beaucoup à la Mrs Ramsay décrite par Virginia Woolf dans la <em>Promenade au Phare</em>, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elle est une femme qui, épuisée de s&#8217;être donnée tout entière aux autres -et surtout à son mari-, devient une sorte de <em>&laquo;&nbsp;médium au travers duquel passe le courant discontinu de sa vie intérieure&nbsp;&raquo;</em>. Je suis tout à fait d&#8217;accord avec <a href="http://www.myloubook.com/archive/2009/05/17/toute-passion-abolie-vita-sackville-west.html">Miss Lou</a>, quand elle dit :</p>
<blockquote><p>Ce livre serait pour moi à l’image d’une araignée qui peu à peu tisse sa toile. Par petites touches délicates, le narrateur enrichit son tableau en choisissant les couleurs les plus subtiles de sa palette, livrant un ensemble complexe aux allures impressionnistes. Plongeons dans les souvenirs, passé qui rejaillit avec l’arrivée d’un nouveau protagoniste, multiplicité des points de vue, des générations, des préoccupations. Chaque élément permet petit à petit de dresser un portrait assez fidèle de Lady Slane. Et cette héroïne peu commune a continué à me fasciner une fois le livre refermé : elle reste malgré tout toujours évanescente et insaisissable, n’ayant livré au lecteur que quelques bribes de sa vie et de ses sentiments. Sans doute aussi parce que pour elle, les aspirations négligées ont au final plus de poids que les choix réellement faits et le parcours. Cette dualité entre la façade et la vie intérieure, secrète, inconnue de tous rend le personnage passionnant – et, paradoxalement sans doute, très réaliste.</p></blockquote>
<p>J&#8217;aurai encore tant de choses à dire sur ce roman, tant d&#8217;aspects à analyser : les enfants coupables des vices qu&#8217;ils craignent chez les autres, la rapacité des collectionneurs, la frustration des rêves féminins, etc. Mais je terminerai en me contentant de faire remarquer qu&#8217;on peut trouver, dans ce roman, un autre point commun avec Virginia Woolf, la grande amie de Vita : l&#8217;intérêt pour la fluctuation de la pensée, sa formation et son passage. Comment la pensée vient-elle, comment reproduire le plus fidèlement possible la succession permanente de méditations et de souvenirs ? Nous en avons un bon exemple dans <em>Toute passion abolie</em> où Vita tente d&#8217;exprimer l&#8217;essence d&#8217;une vie entière.</p>
<p>Allez, pour finir le panégyrique, deux extraits pour le prix d&#8217;un !</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;N&#8217;exagère pas, William. On a toujours pu faire entendre raison à Mère.<br />
- Même quand elle est partie vivre à Hampstead? demanda William d&#8217;un ton lugubre. Je ne peux pas croire que des gens qui s&#8217;embarquent ainsi dans une nouvelle vie, et surtout quand ils ont l&#8217;âge de Mère, puissent être ramenés à la raison. Rappelez-vous, le jour où elle s&#8217;est débarrassée des bijoux de cette façon grotesque!&nbsp;&raquo;<br />
Gênée, Mabel essayait de dissimuler ses perles sous des dentelles jaunies.<br />
&laquo;&nbsp;Non, Carrie. Mère n&#8217;a jamais eu les pieds sur terre. C&#8217;est un oiseau. Elle vit dans les nuages. Et malheureusement pour nous tous, elle y a rencontré quelqu&#8217;un: M. FitzGeorge.<br />
- Et ce M. Bucktrout ?<br />
- Alors lui! Je le crois tout à fait capable d&#8217;amener Mère à lui laisser sa fortune. Pauvre Mère. Une vraie proie. Que peut-on faire?&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<blockquote><p>Et qu&#8217;avait-elle été exactement? se demanda la très vieille dame se souvenant de la jeune fille d&#8217;autrefois. Cette rêverie était le plus doux, le plus nostalgique des passe-temps. Ce n&#8217;était pas mélancolique, non, c&#8217;était plutôt son dernier luxe, le luxe suprême, celui qu&#8217;elle avait attendu toute sa vie. Dans ce bref répit avant la mort, le temps était venu de se laisser aller totalement. Après tout, elle n&#8217;avait rien d&#8217;autre à faire. Oui, c&#8217;était cela : pour la première fois de sa vie &#8211; ou plutôt pour la première fois depuis son mariage &#8211; elle n&#8217;avait rien d&#8217;autre à faire. Adossée à la mort, elle pouvait enfin contempler sa vie. Et pendant ce temps l&#8217;air vibrait du bruissement des abeilles.</p></blockquote>
<p>C&#8217;était:</p>
<div class="ref">Vita Sackville-West, <em>Toute passion abolie</em><br />
Publié pour la première fois en 1931 par la Hogarth Press,<br />
sous le titre de <em>All passion spent</em>.</div>
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		<title>Extrait du procès-verbal</title>
		<link>http://www.clochemerle.fr/2009/05/27/extrait-du-proces-verbal/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 May 2009 21:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Bandes dessinées & romans graphiques]]></category>
		<category><![CDATA[Rires et joie de vivre]]></category>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Le mercredi 27 mai, l&#8217;accusée est sortie de l&#8217;appartement, a fermé avec les clés matrioschka, puis elle est descendue. Sortie de l&#8217;immeuble, elle a traversé le parking, la petite rue attenante puis traversé la route après avoir regardé à droite et à gauche. Elle a ensuite cheminé jusqu&#8217;au centre-ville où elle a vaqué à ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Le mercredi 27 mai, l&#8217;accusée est sortie de l&#8217;appartement, a fermé avec <a href="http://www.clochemerle.fr/2009/04/10/la-matriochka-a-les-cles-de-la-maison/">les clés matrioschka</a>, puis elle est descendue. Sortie de l&#8217;immeuble, elle a traversé le parking, la petite rue attenante puis traversé la route après avoir regardé à droite et à gauche. Elle a ensuite cheminé jusqu&#8217;au centre-ville où elle a vaqué à ses occupations : un passage à la gare (peut-être pour fuir, une fois le méfait commis ?), un tour à Phild*r (peut-être pour tricoter une arme ?) et enfin la visite fatidique à la librairie. L&#8217;accusée prétend que l&#8217;acte n&#8217;était pas prémédité, mais ce sera à la défense de le prouver. Toujours est-il qu&#8217;après avoir étudié les titres sur les critiques littéraires (l&#8217;accusée mentionne Alberto Manguel&#8230; Un de ses comparses ?) et les séries policières, elle est montée au rayon bandes dessinées et mangas. C&#8217;est là qu&#8217;elle a perpétré son crime, redescendant aussitôt l&#8217;objet en main. L&#8217;accusée a payé par carte bleue avant de quitter les lieux. Elle est alors rentrée chez elle et s&#8217;est installée dans un des fauteuils dont vous avez la photographie dans les pièces à conviction. C&#8217;est là que la police l&#8217;a prise sur le fait&#8230;</p>
<p>Bien évidemment, les employés de la librairie auraient pu l&#8217;interpeller ou l&#8217;empêcher de prendre possession d&#8217;un tel objet. Mais, comme les Fournisseurs d&#8217;Accès Internet ne sont pas responsables du contenu des sites qu&#8217;ils hébergent, les librairies ne sont pas responsable des choix de leurs clients. La faute est donc celle de l&#8217;accusée exclusivement.</p>
<h2>L&#8217;objet du crime</h2>
<p style="text-align:center;"><img src="http://benjaminlacombe.hautetfort.com/media/00/00/1951308130.jpg" height="500"/></p>
<p>Comme vous le voyez, <em>Billy Brouillard: Le don de trouble-vue</em> est une bande-dessinée pour enfants. Du moins, en apparence. La forme semble pour le moins innocente, même si la couverture a des apparences de grimoire ancien. Mais le fond!&#8230; Là est le crime !</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;histoire de Billy, un petit garçon myope vivant à la campagne avec ses parents et sa petite soeur Jeanne. On le voit vivre, jouer, pleurer la mort de son chat, parler du Père-Noël&#8230; Rien de plus normal, croyez-vous ? Non ! Le petit Billy, sans ses lunettes, voit d&#8217;horribles choses: créatures fantastiques gluantes et grouillantes, fantômes et enfants assassinés&#8230; Et pire que tout, ça ne lui fait pas peur, au contraire! Seule la mort de son chat Tarzan le fait se méfier de la Mort et s&#8217;interroger sur elle. Il nous présente divers monstres, nous chante l&#8217;histoire de fillettes mortes, nous indique comment se faire ressusciter, tout en continuant sa quête de la vérité. Le tout est mâtiné de macabre, de morbide et de dégoûtant.</p>
<p>Si l&#8217;on se penche sur le contenu, il n&#8217;y a pas seulement des vignettes, mais aussi des poèmes et des extraits de journaux ou d&#8217;encyclopédie. Cette construction est en elle-même assez curieuse et rend le récit indéfinissable. Elle alterne en effet les segments qui racontent cette histoire avec les autres &laquo;&nbsp;documents&nbsp;&raquo; susmentionnés, tout en gardant une apparence précieuse:cases presque traditionnelles, illustrations, ombres chinoises, pages de gazette, articles pseudo-scientifiques. Mais la pire de toutes les infamies, c&#8217;est bien celle-là: comment retrouver un passage précis dans ce livre où toutes les pages sont la numéro 13?</p>
<p>Non, vraiment! Ce n&#8217;est pas un ouvrage à laisser dans toutes les mains! Guillaume Bianco, on ne vous remercie pas pour ce livre destiné depuis le début à l&#8217;autodafé. <em>Billy Brouillard</em> fait passer de trop bons moments à ses lecteurs, enfants comme adultes. <em>Billy Brouillard</em> est coupable de flirt entre le macabre et l&#8217;imagination enfantine. <em>Billy Brouillard</em> est un joyau que nul autre que les grands de ce monde ne devraient avoir le droit de voir.</p>
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		<title>Exercices de style</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 10:08:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[La ville en mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Queneau]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Tous ceux et toutes celles qui ont eu à écrire un texte le savent: il faut écrire et réécrire plusieurs fois la même phrase avant de trouver la forme juste. Pour le commun des mortels, voilà un exercice très ennuyeux qui donne l&#8217;impression de faire du surplace&#8230; Mais d&#8217;autres ont su le tourner en quelque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Tous ceux et toutes celles qui ont eu à écrire un texte le savent: il faut écrire et réécrire plusieurs fois la même phrase avant de trouver la forme juste. Pour le commun des mortels, voilà un exercice très ennuyeux qui donne l&#8217;impression de faire du surplace&#8230; Mais d&#8217;autres ont su le tourner en quelque chose d&#8217;artistique et de ludique, comme Raymond Queneau avec son désormais célébrissime <em>Exercices de style</em>. J&#8217;avais déjà lu ce bouquin y a un bail, quand j&#8217;étais encore en culottes courtes, et je ne m&#8217;en rappelais guère plus. Donc, relecture&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/3/6/9782070373635.jpg" height="500"/></p>
<p>Ce livre est né d&#8217;une double contrainte littéraire : d&#8217;une part, Queneau devait écrire 99 fois la même histoire, mais toujours de façon différente (comment il s&#8217;est mis ça en tête, va savoir !) ; d&#8217;autre part, chaque version de l&#8217;histoire doit illustrer un genre stylistique bien particulier, et on le voit en lisant tous les titres du livre. Ce genre d&#8217;exercice est précurseur du mouvement <a href="http://www.oulipo.net/">Oulipo </a>(Ouvroir de Littérature Potentielle) qui tente de créer une nouvelle littérature en inventant des contraintes.</p>
<p>Mais quelle est l&#8217;histoire dite et redite ? La voici: <em>Le narrateur rencontre dans un bus un jeune homme au long cou, coiffé d&#8217;un chapeau orné d&#8217;une tresse tenant lieu de ruban. Ce jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s&#8217;asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur revoit ce jeune homme qui est alors en train de discuter avec un ami. Celui-ci lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.</em> That&#8217;s all, folks.</p>
<p>Ce que j&#8217;en pense ? C&#8217;était sympa à lire, mais un peu barbant à la longue. Heureusement que les textes sont courts&#8230; Il y a tout de même des pépites par ci par là (dont celle que je vous donne en extrait), et des invitations à faire le même exercice (j&#8217;ai eu envie de faire la même chose à un moment, huhu). Au final, un moment de lecture assez agréable. </p>
<blockquote><p><strong>Antonymique.</strong> </p>
<p>Minuit. Il pleut. Les autobus passent presque vides. Sur le capot d&#8217;un AI du<br />
côté de la bastille, un vieillard qui a la tête rentrée dans les épaules et ne<br />
porte pas de chapeau remercie une dame placée très loin de lui parce qu&#8217;elle lui<br />
caresse les mains. Puis il va se mettre debout sur les genoux d&#8217;un monsieur qui<br />
occupe toujours sa place. </p>
<p>Deux heures plus tôt, derrière la gare de Lyon, ce vieillard se bouchait les<br />
oreilles pour ne pas entendre un clochard qui se refusait à dire qu&#8217;il lui<br />
fallait descendre d&#8217;un cran le bouton inférieur de son caleçon.</p></blockquote>
<div class="ref">Raymond Queneau, <em>Exercices de style</em><br />
Publié pour la première fois en 1943 dans la revue <em>Messages</em> dirigée par Jean Lescure</div>
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		<title>Tentative d&#8217;épuisement d&#8217;un lieu parisien</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Mar 2009 23:42:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Pérec]]></category>
		<category><![CDATA[La ville en mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Bon, ce n&#8217;est pas tout ça, mais reprenons un instant Pérec pour parler du 3ème livre sur mon tableau de chasse ! En parlant de Tentative d&#8217;épuisement d&#8217;un lieu parisien, je tenterai de ne pas trop vous épuiser, je vous rassure tout de suite. Déjà, c&#8217;est un texte court. 50 pages précisément, dans mon édition. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Bon, ce n&#8217;est pas tout ça, mais reprenons un instant Pérec pour parler du 3ème livre sur mon tableau de chasse ! En parlant de <i>Tentative d&#8217;épuisement d&#8217;un lieu parisien</i>, je tenterai de ne pas trop vous épuiser, je vous rassure tout de suite. Déjà, c&#8217;est un texte court. 50 pages précisément, dans mon édition. Ca ne devrait pas être la mort ! Mais en plus, j&#8217;aime bien la couverture et la mise en page toute simple proposée par la maison d&#8217;édition Christian Bourgois Editeur pour sa collection Titres&#8230; (Oui, j&#8217;attache de l&#8217;importance à ce genre de détails&#8230; C&#8217;est pour cela que pendant longtemps je n&#8217;ai pas lu <i>Les piliers de la Terre</i> de Ken Follett : en français, on ne le trouve pratiquement que chez Livre de poche dans une édition que je n&#8217;aime pas du tout&#8230; Puis il y a eu les éditions limitées de Noël qui ont arrangé les choses !)</p>
<p><center><img src="http://www.decitre.fr/gi/99/9782267019599FS.gif" height=500></center></p>
<p>Mais je sors des rails et je suis en train de vous laisser sur le chemin&#8230; Reprenons un peu le contrôle de la locomotive pour arriver à bon port, ou plutôt bonne gare, vu la métaphore. Donc, Pérec !&#8230; Pour ce livre, il a &laquo;&nbsp;campé&nbsp;&raquo; trois jours consécutifs sur la place Saint-Sulpice à Paris et nous en décrit les détails, les mouvements, les passages, bref la vie de la place. Il s&#8217;attache pour ce faire aux détails insignifiants, comme la fréquence de passage de tel ou tel bus, de quelle rue il débouche pour s&#8217;engouffrer dans quelle autre, etc. Il s&#8217;y intéressera presque <i>ad nauseam</i> pour notre plaisir, le pauvre ! Ce n&#8217;est pas son meilleur texte, mais c&#8217;est déjà une bonne introduction à<a href="http://www.clochemerle.fr/2009/02/26/especes-despaces/"> <i>Espèces d&#8217;Espaces</i></a>. Vous vous en rendrez d&#8217;ailleurs compte en lisant l&#8217;extrait que je vous propose dans ce post. Ce sont les premières lignes du livre, et il y présente son projet d&#8217;observer : il y a là un grand écho à l&#8217;extrait livré pour <i>Espèces d&#8217;Espaces</i> !</p>
<blockquote><p>
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie, un hôtel des finances, un commissariat de police, trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau, Gittard, Oppenord, Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire II qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l&#8217;on fête le 17 janvier, un éditeur, une entreprise de pompes funèbres, un arrêt d&#8217;autobus, un tailleur, un hôtel, une fontaine que décorent ls statues des quatre grands orateurs chrétiens (Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon), un kiosque à journaux, un marchand d&#8217;objets de piété, un parking, un institut de beauté, et bien d&#8217;autres choses encore.<br />
<br/><br />
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste :  ce que l&#8217;on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n&#8217;a pas d&#8217;importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.</p>
<p>&#8212; p. 9-10</p></blockquote>
<div class="ref">Georges Pérec, <i>Tentative d&#8217;épuisement d&#8217;un lieu parisien</i><br />
Première publication en 1975 chez Christian Bourgois Editeur</div>
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		<title>Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 23:01:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Meya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essences de pages]]></category>
		<category><![CDATA[La clé du Rossignol: histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Pérec]]></category>
		<category><![CDATA[Une baguette s'il vous plaît]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/>Après les envolées d&#8217;Espèces d&#8217;Espaces, passons à du court, du fictif et, pourquoi pas, du drôle. Ca se passe au début de la guerre d&#8217;Algérie, dans la région parisienne, entre le régiment de Vincennes et le quartier de Montparnasse, c&#8217;est-à-dire entre deux cours. Dans ces cours, se trouvent plusieurs individus, sympathiques comme antipathiques. On peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.clochemerle.fr/wp-content/themes/clochemerle/catimg/rossignolphotos.gif" width="65" height="45" alt="" title="La clé du Rossignol: histoires" /><br/><p>Après les envolées d&#8217;<a href="http://www.clochemerle.fr/2009/02/26/especes-despaces/">Espèces d&#8217;Espaces</a>, passons à du court, du fictif et, pourquoi pas, du drôle. Ca se passe au début de la guerre d&#8217;Algérie, dans la région parisienne, entre le régiment de Vincennes et le quartier de Montparnasse, c&#8217;est-à-dire entre deux cours. Dans ces cours, se trouvent plusieurs individus, sympathiques comme antipathiques. On peut compter le brave Henri Pollak, ses potes de Montparnasse, deux ou trois gentils troufions et un certain Karamanlis (<a href="http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDeKaramanlis">ou Karatruc</a>).</p>
<p>L&#8217;histoire a l&#8217;air insignifiante comme telle, mais le bon p&#8217;tit Pérec a su trouver les cordes pour nous titiller les zygomatiques! Et ce, en se la pétant : il utilise, de façon exhaustive (mais non rhébarbative) de toutes les &laquo;&nbsp;fleurs de rhétorique&nbsp;&raquo;, les figures de style. D&#8217;ailleurs, à la fin de certaines éditions dudit bouquin, on peut en trouver une liste pour à son tour briller en société.</p>
<p>Mais revenons à nos personnages ! Henri Pollak est maréchal des logis (et on vous le rappellera d&#8217;ailleurs tout au long du roman, vous ne risquerez pas de l&#8217;oublier) dans la caserne de Vincennes et il est copain-copain avec tout le monde. Or vient un jour où un des poteaux de la caserne vient à lui, le suppliant de le sauver du front, parce qu&#8217;il a pas envie de se casser la trogne et surtout parce qu&#8217;il veut rester auprès de la fille qu&#8217;il a dans la peau. Pollak Henri est tout ému et fait appel à ses amis de Montparnasse, grands drilles érudits qui ont le coeur grand comme ça, la logique petite comme ça et qui ne font pas les choses à moitié (comme beaucoup de mecs d&#8217;ailleurs, me direz-vous). Et tadam, les choses suivent leur cours&#8230;</p>
<p><center><img src="http://aviquesnel.free.fr/Direlire/Images/Perec.jpg" height=500></center></p>
<p>Comment ça, quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? Ah! Oui, il y en a bien un, mais pour en savoir plus, lisez le roman ! Il est court en plus, vous n&#8217;aurez pas d&#8217;excuses ! Rappelez-vous surtout que vous passerez un bon moment&#8230; Mais peut-être voudrez-vous un extrait synthétique ? (en sachant que beaucoup de choses arrivent après, héhé)</p>
<blockquote><p>Permettez-moi de vous rappeler les grandes lignes de ce que votre cervelle de lecteur a pu, ou aurait pu, ou aurait dû emmagasiner :<br />
Premièrement : qu&#8217;il existe un individu du nom, peut-être approximatif, de Karachose, qui refuse d&#8217;aller sur la mer Méditerrannée (je ne suis pas très sûr de cette orthographe) tant que les conditions climatiques seront ce qu&#8217;elles sont. Point que, d&#8217;ailleurs, on précise assez peu, attentifs que nous sommes à assimiler les pitits mystères autour de notre modeste récit ;<br />
deuxièmement : qu&#8217;il existe une bande de braves gens dont auquel j&#8217;en suis, courageux comme Marignan, forts comme Pathos, subtils comme Artémis, fiers comme Artaban ;<br />
troisièmement : qu&#8217;il existe une tierce personne, nommée Pollak, et prénommée Henri, de son état maréchal des logis, qui semble passer son temps à aller de l&#8217;un aux autres et des autres à l&#8217;un, et vice versa, au moyen d&#8217;un pétaradant petit vélomoteur ;<br />
quatrièmement : que ce petit vélomoteur a un guidon chromé ;<br />
cinquièmement : que des individus que l&#8217;on peut et doit qualifier de comparses circulent entre les interstices de la chose principale et mettent l&#8217;icelle en valeur, selon les meilleurs préceptes que les bons auteurs m&#8217;ont appris quand j&#8217;étais petit ;<br />
sixièmement : que les choses en étant là où on les a laissées, on est parfaitement en droit de se demander : Mon Dieu, mon Dieu, comment tout cela va-t-il finir ?</p>
<p>&#8212; p. 45-46</p></blockquote>
<div class="ref">Georges Pérec, <i>Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?</i><br />
Première publication aux éditions Denoël en 1966.<br />
Ce livre était en liberté grâce au <a href="http://www.bookcrossing.com">Bookcrossing</a> quand je l&#8217;ai recueilli.</div>
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