Vendredi 4 juin 2010

Déballer un colis, ça a un petit goût de cadeau de noël qui arrive à l’improviste. Peu importe si ça a été commandé (c’est même sympa d’attendre cette chose dont on avait envie), peu importe ce que le colis contient (je le vois à l’état dans lequel mon cher et tendre est quand il reçoit une pièce pour la voiture…), seul compte le déballage dudit colis : minutieux ou ravageur.
On peut le laisser bien en évidence sur la table et vaquer à ses occupations avant d’enfin se jeter dessus ; on peut au contraire le garder dans les bras, et courir partout en poussant des cris aigus à la recherche de ciseaux, de cutter, de hache, tout ce qui peut servir à ouvrir le précieux paquet ; on peut rester serein, calme, tirer sur la languette prédécoupée et extraire d’un air indifférent les objets avant de se plonger dedans en oubliant l’eau sur le feu, la baignoire qui se remplit, l’aspirateur qui tourne.
Plus rien n’existe, si ce n’est l’offrande venue de l’extérieur… Et tout est possible, tout est une forme de bonheur.

J’ai justement trois-quatre colis quelque part dans la nature ; deux commandés, un dû et un cadeau en échange de service rendu. Comme à chaque fois, je guette le facteur pendant plusieurs jours, tendant l’oreille vers midi-1h, pour lui bondir dessus, la bave aux lèvres. Que voulez-vous, cette attente est un plaisir, mais aussi une pathologie… Entre les deux extrêmes, mon coeur balance!
C’est pas votre cas?

Allez, dites-moi tout…

Dimanche 5 juillet 2009

La vie est faite de cycles, d’événements qui vont et viennent. On y médite depuis des temps immémoriaux, en se demandant si le hasard existe, si le destin nous dirige et si notre vie est vraiment unique. Ce sont des questions qui retentissent fortement encore aujourd’hui. Mais ce qui est nouveau, c’est que depuis quelque temps le cher et tendre et moi-même (deux personnes, pas trois, hein) avons tendance à nous exclamer « ah oui, comme sur le blog de X… » quand on nous relate quelque chose, aussi anodin soit-il.

Ces remarques intriguent, surprennent, agacent, mais toujours éveillent la curiosité. Comme je suis magnanime, voici quelques adresses de blogs pour enrichir vos conversations!

Allez, faites vos courses! (mais où est Boucle d’Or ?)
-si quelqu’un connaît l’auteur de cette image, qu’il n’hésite pas et je le mentionnerai!-

Commençons par la vie de tous les jours : du lever au coucher, nous consommons et nettoyons dans un cycle perpétuel, presque sans fin. Mais cette consommation, cet entretien de nos corps et de nos maisons, ils reviennent aux sources, plus écologiques et plus économiques. Les rayons de nos supermarchés en attestent, eux qui se couvrent de produits estampillés «bio!» depuis quelques mois.
Un truc par jour nous donne donc pas mal de pistes à explorer dans cette jungle verte… Nettoyage, alimentation, consommation, recyclage, y a de tout.

Mais quoi qu’on fasse, faut bien passer dans les magasins, épiceries et supermarchés pour certains achats. Ce faisant, on passe devant la gardienne des lieux: la Caissière, la grande prêtresse de la consommation. Mais celle-ci, nous la voyons à peine, nous la considérons comme la lie de la société… Erreur! Grave erreur!
Les tribulations d’une caissière: no futur? nous ramèneront à l’ordre, témoignages à l’appui. Un simple « bonjour », un tout petit « merci » et un souriant « au revoir » n’ont jamais fait de mal à personne, au contraire… Et raccrochez ce téléphone, vous êtes à la caisse, pas chez vous!

Comme ce sont les vacances, partons loin de chez nous trouver de nouveaux horizons. Et pour rester dans la veine écolo, utilisons au maximum les transports en commun… Le train est donc notre ami. On achète le billet de transport, on le composte et hop! sur le quai pour partir! Ca a l’air si simple… que ça ne l’est pas du tout!
Cheffe de gare, la dame de Trains et pissenlits révèle les coulisses d’une gare et de ses galères. Depuis, quand on vous dira « accident de personne », vous saurez mieux ce que ça veut dire…

Ce soir, on est invités à un dîner, aïe. Comment faire pour briller en société? Trop peu de temps pour s’avaler de faits précis et d’anecdotes éclairées…
Si vos amis sont plutôt des scientifiques obscurs, un petit clic par Tu mourras moins bête et vous êtes sauvés! Ce soir, ils seront tous éblouis par votre savoir et, plus tard, ils mourront moins bêtes grâce à vous et à Marion Montaigne…
Littéraires ou politiciens, vos potes? Quelques Technologies du langage viendront à votre rescousse. Vous pourrez décortiquer le dernier discours de votre ennemi politique favori, indiquer qui sont les écrivains dont on parle le plus, etc.
Fanas des langues et des expressions étranges? Filez chez Naked Translations prendre votre dose de brillantine et c’est dans la poche. Vous pourrez attirer l’attention de votre entourage en murmurant d’un air complice: «dites-moi, savez-vous ce que c’est un kibosh? Non? Eh bien, c’est…»

Mais les journées ne serait pas complète sans les nuitées… Pour épicer les activités sous les draps, 400 culs vous conseilleront, vous inspireront et vous instruiront! Attention: c’est un blog sur l’érotisme et le désir, pas la peine d’en attendre quelque chose de plus trash ! Mais je vous assure, chaque passage sur ce blog est édifiant.


Bon, voilà,
vous savez ce qu’il vous reste à faire: clic, clic et reclic!
Et ne me remerciez pas, c’est tout naturel!

Lundi 1 juin 2009

Il y a quelques années, en 2003 ou 2004 je crois, j’avais adoré A Softer World (en angliche) au point de tenter une série de photos-messages qui s’en inspire. Puis le temps et les connexions effrénées me l’ont fait oublier au fond de mes kyrielles de favoris. Tout semblait conduire à la perte irréversible de son souvenir dans ma petite cervelle.

softerworld341

J’en ai marre des vannes. / Oh, ah ah. Un cow-boy qui vit toujours avec sa mère. / Mais elle a besoin de moi.

Mais voilà, le net étant le net, le site a survécu aux cyber-années, enrichi son album avec des photos de couleurs en plus de celles en noir et blanc. D’autres sites en ont parlé, l’ont évoqué. Pour finir, je l’ai retrouvé.
C’est curieux comme on peut changer de ressenti en quelques années (c’était il y a cinq ans seulement !). Je ne veux pas dire par là que je ne l’aime plus, au contraire. J’ai même de nouveau l’envie de m’inspirer de ce travail, d’une façon plus travaillée que lors de ma première tentative…

En fait, ce qui m’a surprise, c’est le fait qu’à l’époque de sa première découverte, je n’avais pas remarqué à quel point c’était cynique et macabre. La plupart des images parlent du vieillissement, de la mort, des familles qui se déchirent et, surtout, de l’incompréhension entre les êtres. C’est beau, c’est bien fait, les auteurs ont le mot qui fait mouche, mais que c’est triste !
Heureusement qu’il y en a d’autre qui parlent de l’amour, de l’humour et qui sont parfois stupides, comme celle-ci sur le type qui programme son ordi pour aimer sa nana quand il n’est pas/plus là…
Le tout est intemporel et c’est, je crois, ce que j’aime le plus dans A Softer World.

asofterworld430

Ah, le coup de foudre. / Quand vous voyez une personne si belle que vous en oubliez / qu’elle n’est pas là que pour vous.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Ca vous parle, ça vous plait ?

Dimanche 31 mai 2009

Ca y est, la chaleur s’est installée dans le Sud, en même temps que le travail effréné (jusqu’au 15 juin en plus)(je vais mourir). Donc voici venir ici une série d’articles qui seront pour la plupart peu bavards en mots, préférant vous laisser profiter de telle ou telle découverte…

En attendant la fin de l’Epreuve (huhu), des balades entre vidéos et sites donc. Le premier du lot (repéré sur AEIOU, le blog de fluctuat) vous mènera devant la télé pour déterminer où en est votre film. Je veux dire par là qu’on ne va pas méditer sur notre mortalité et le fait qu’on est bien peu de choses, etc, etc.
Pensons de façon plus positive en comparant notre vie avec tel ou tel film préféré: Titanic, Star Wars, 2001, The Big Lebowski, Princess Bride, Le Magicien d’Oz, Ferris Bueller, Ghostbusters, Titanic ou Le Parrain, y a du choix! Si l’un ou l’autre de ces films avait commencé au moment où vous naquîtes et qu’il s’étirait le long de votre vie pour ne laisser la place au générique que sur votre lit de mort, où en seriez vous exactement ? (bon bien sûr pour cela il faut estimer votre longévité… pas bien folichon je sais)

moviedeath

J’en serais à ce moment lourd de suspense si mon film était Ghostbusters

Mercredi 27 mai 2009

Le mercredi 27 mai, l’accusée est sortie de l’appartement, a fermé avec les clés matrioschka, puis elle est descendue. Sortie de l’immeuble, elle a traversé le parking, la petite rue attenante puis traversé la route après avoir regardé à droite et à gauche. Elle a ensuite cheminé jusqu’au centre-ville où elle a vaqué à ses occupations : un passage à la gare (peut-être pour fuir, une fois le méfait commis ?), un tour à Phild*r (peut-être pour tricoter une arme ?) et enfin la visite fatidique à la librairie. L’accusée prétend que l’acte n’était pas prémédité, mais ce sera à la défense de le prouver. Toujours est-il qu’après avoir étudié les titres sur les critiques littéraires (l’accusée mentionne Alberto Manguel… Un de ses comparses ?) et les séries policières, elle est montée au rayon bandes dessinées et mangas. C’est là qu’elle a perpétré son crime, redescendant aussitôt l’objet en main. L’accusée a payé par carte bleue avant de quitter les lieux. Elle est alors rentrée chez elle et s’est installée dans un des fauteuils dont vous avez la photographie dans les pièces à conviction. C’est là que la police l’a prise sur le fait…

Bien évidemment, les employés de la librairie auraient pu l’interpeller ou l’empêcher de prendre possession d’un tel objet. Mais, comme les Fournisseurs d’Accès Internet ne sont pas responsables du contenu des sites qu’ils hébergent, les librairies ne sont pas responsable des choix de leurs clients. La faute est donc celle de l’accusée exclusivement.

L’objet du crime

Comme vous le voyez, Billy Brouillard: Le don de trouble-vue est une bande-dessinée pour enfants. Du moins, en apparence. La forme semble pour le moins innocente, même si la couverture a des apparences de grimoire ancien. Mais le fond!… Là est le crime !

C’est l’histoire de Billy, un petit garçon myope vivant à la campagne avec ses parents et sa petite soeur Jeanne. On le voit vivre, jouer, pleurer la mort de son chat, parler du Père-Noël… Rien de plus normal, croyez-vous ? Non ! Le petit Billy, sans ses lunettes, voit d’horribles choses: créatures fantastiques gluantes et grouillantes, fantômes et enfants assassinés… Et pire que tout, ça ne lui fait pas peur, au contraire! Seule la mort de son chat Tarzan le fait se méfier de la Mort et s’interroger sur elle. Il nous présente divers monstres, nous chante l’histoire de fillettes mortes, nous indique comment se faire ressusciter, tout en continuant sa quête de la vérité. Le tout est mâtiné de macabre, de morbide et de dégoûtant.

Si l’on se penche sur le contenu, il n’y a pas seulement des vignettes, mais aussi des poèmes et des extraits de journaux ou d’encyclopédie. Cette construction est en elle-même assez curieuse et rend le récit indéfinissable. Elle alterne en effet les segments qui racontent cette histoire avec les autres « documents » susmentionnés, tout en gardant une apparence précieuse:cases presque traditionnelles, illustrations, ombres chinoises, pages de gazette, articles pseudo-scientifiques. Mais la pire de toutes les infamies, c’est bien celle-là: comment retrouver un passage précis dans ce livre où toutes les pages sont la numéro 13?

Non, vraiment! Ce n’est pas un ouvrage à laisser dans toutes les mains! Guillaume Bianco, on ne vous remercie pas pour ce livre destiné depuis le début à l’autodafé. Billy Brouillard fait passer de trop bons moments à ses lecteurs, enfants comme adultes. Billy Brouillard est coupable de flirt entre le macabre et l’imagination enfantine. Billy Brouillard est un joyau que nul autre que les grands de ce monde ne devraient avoir le droit de voir.

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